(Hist. de la format. de la lang. fr., p. 66.)
Mais M. Ampère s'est-il mis en peine de vérifier si l'on ne trouvait jamais cette forme en ain donnée au sujet de la phrase? s'est-il assuré que Pintain et Evain sont ici des formes déterminées par les verbes actifs appeler, mettre? Non; il s'est trop hâté de céder à une illusion chérie. On disait, à l'accusatif, Eve aussi bien qu'Evain, ou plutôt il n'y avait point d'accusatif.—«Père éternel, qui créas le monde,
Adam feis de tere et de limon,
Et sa moilier, Eve l'appelet on.
(Gerars de Viane, v. 2822.)
Le nom de la belle Aude, sœur d'Olivier et femme de Roland, est écrit tantôt Aude, tantôt Audain; c'est le hasard ou le besoin du vers qui en décide. Vous plaît-il que nous suivions le système de M. Ampère? Soit: Aude est le nominatif, Audain le cas régime. Preuves (remarquez que je les prends toutes dans le même ouvrage, dans Gerars de Viane):
Nominatif Aude:
Venue i fuit la bele Aude au vis cler.
(Gerars de Viane, v. 633.)