Que [nul] n'i adeist esquier ne garcun…
(Roland, st. 174.)
Garçon, dans ce dernier exemple, a le sens que nous lui conservons encore quand nous disons à un garçon de café: Garçon! c'est le premier sens du mot.
De plus, garçon est ici le sujet de la phrase; comment donc serait-il au cas régime? M. Ampère n'a pas pris garde à cette difficulté: à la page 74, il avance que garçon est le cas régime de gars; et à la page 105, il cite garçon au nominatif:
Et menjurent priveement
Ele et le garçon seulement.
(Fabliaux, t. I, p. 249.)
Garsun, dans les Rois, comme garcio dans tous les écrivains du moyen âge, signifie un laquais, un mauvais sujet.—«Et avec ce, lui dist plusieurs injures et villenies en l'appelant garson.» (Procès-verbal de 1376, cité par du Cange.)
Garçon, aujourd'hui, n'est plus une injure; mais le féminin de gars en est devenu une des plus basses. C'était autrefois la traduction exacte de puella, et rien davantage.
Vous voulez que Karles, Aymes, soient pour le nominatif, et Karlon, Aymon, pour les cas obliques? Je trouverai cent exemples à l'appui de votre proposition, mais j'en trouverai deux cents pour la renverser, et prouver que ces formes s'employaient indifféremment, selon le caprice ou le besoin du poëte.