Karlon ot un neveu qu'il aimat et tint chier.
(Ibid., v. 261.)
Sire, dit le duc Aymes, je vous ferai devis.
(Ibid., v. 334.)
Duc Aymon de Dordonne du roy a congie pris.
(Ibid., v. 339.)
Le nom seul des quatre fils Aymon prouve contre le système de M. Ampère, puisque, dans cette formule, Aymon est au nominatif. Deux nominatifs juxtaposés indiquaient alors le rapport de possession de l'un à l'autre, aujourd'hui marqué par le génitif du second substantif.
Et, relativement à cette forme, la préoccupation du cas régime a précipité M. Ampère dans une erreur qu'il importe de relever. M. Ampère avance que ces expressions composées, la Fête-Dieu, la Ferté-Milon, Château-Thierry, rue Saint-Denis, Place-Maubert, etc., renferment un nominatif et un génitif.—«Il est contre le vieux génie de notre langue de placer le de avant ces dénominations de localités» (Fête-Dieu n'est pas une localité), «et de dire, la rue de Richelieu, l'église de Notre-Dame; car notre langue, grâce au cas régime, permettait, dans l'origine, d'exprimer le génitif par la terminaison, sans le secours de la particule de.» (Formation de la lang. franç., p. 76.)
Il est impossible d'accorder à M. Ampère cette proposition, qui d'ailleurs en suppose une autre, savoir, que tout substantif pouvait modifier sa terminaison. Or, cela n'est pas soutenable. Je demanderai à M. Ampère où est la terminaison caractéristique du génitif dans les exemples suivants:—«Micol, la fille Saul, n'en out enfant jusqu'al jor de sa mort, car ele murut al enfanter.» (Rois, p. 142.)
—«Vien avant, vien, dame femme Jeroboam; pur quei te ceiles, e ne vols [fere] cunuistre que tu es la femme Jeroboam?» (Rois, p. 292.)