DE PAR LE ROI est du même temps; mais on écrivait mieux qu'aujourd'hui, en mettant un t à part:—«Ysaie vint à li, si li dist: De part nostre Seignur» (Rois, p. 416); a parte Domini nostri. (Voy. plus bas l'article de [PAR].)
Le peuple conserve une expression qui était jadis très-commune, et, à ce qu'il paraît, du meilleur style, puisqu'elle est employée à chaque instant dans la version des saintes Écritures. C'est le mot battant, pris comme adverbe: Un habit tout battant neuf:—«Il enveiad ses message tut batant après Abner.» (Rois, p. 132.)
Qui s'aviserait dans un récit du moyen âge d'employer le mot emprunté comme l'on fait aujourd'hui, un air emprunté, tournure empruntée, vous êtes emprunté, semblerait coupable d'un énorme anachronisme de style. Cette métaphore n'est-elle pas née d'hier? Point du tout! Elle est du XIIIe siècle. A la fête donnée à Vandeuil par le sire de Coucy:
Avoec madame de Coucy
Furent maintes dames parees;
Pas ne sembloient empruntees
A festoier estrange gent.
(Le Roman dou Chast. de Coucy, v. 903.)