(Dolopathos, p. 159.)

Regem meminit Virgilii.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, on conservait encore il me souvient. Malherbe n'y manque jamais:

«Encore me vient-il de souvenir d'une chose que je veux que vous sachiez.»

(Lettres de Malherbe, p. 46.)

Et Corneille:

Qu'il te souvienne

De garder ta parole, et je tiendrai la mienne.

(Cinna, V, 1.)

Le verbe se souvenir n'est pas seul: nous en avons plusieurs construits aujourd'hui de même. Que veut dire, je me repens? est-ce qu'on repent soi-même? Les Latins disaient bien mieux, avec la tournure impersonnelle: Me pœnitet culpæ meæ; ce que les Allemands ont retenu: Es reuet mich. Pœnitere actif serait un affreux barbarisme, quoique l'excellent dictionnaire de MM. Quicherat et Daveluy cite pœnitere de Plaute, et pœnitebunt de Pacuvius. Il n'est Plaute ni Pacuvius qui tienne; le bon sens est plus fort que Pacuve et Plaute. La composition du verbe (pœna tenet) s'oppose à ce qu'il soit autre chose qu'impersonnel, comme l'ont fait tous les écrivains du bon temps[108].