C'est une chose singulière mais assurée, qu'autrefois la prononciation confondait à l'oreille les mots sur et sous. On les écrivait sor et soz, l'o valant ou, ou bien sour et sous. Devant une voyelle, la consonne finale ôtait l'équivoque: SouR un arbre; souS un arbre; on ne pouvait s'y tromper. Mais devant une consonne, on n'avait pour se guider que le sens de la phrase. Voici des exemples:

Desour une coute vermeille

Fu li rois Loeys tout seus.

(La Violette, p. 38.)

«Le roi Louis fut tout seul dessur une couverture vermeille, un tapis, une coute pointe[109].

[109] Coute-pointe, ou coulte-pointe, de cul(ci)ta puncta. On dit mal à propos courte-pointe, et l'Académie donne pour exemple la courte-pointe piquée; si la coute n'était piquée, elle ne serait pas pointe. L'Académie est punie d'avoir trop méprisé les étymologies.

Mais dans ce passage:

Desour sa dextre mamelete

A une bele violete.

(Ibid., p. 52.)