Il s'entrepoilent con mastin;

C'est la mesnie Hellequin.

(Le Mariage des filles au diable, Mss. de l'Arsenal, no 175, fol. 292.)

Quelle insolence! Mais on ne se borna pas à médire: on alla jusqu'à travestir et contrefaire la mesnie Hellequin. C'est une des inconséquences les plus remarquables de l'esprit humain, que ce penchant à railler les objets de son culte ou de sa frayeur; l'esprit d'opposition s'exhale et se soulage ainsi. A quelle époque le diable a-t-il été plus redouté et plus bafoué qu'au moyen âge? Hellequin partagea cette double fortune. Il fut craint comme le diable, et comme lui traduit en farce dans les mascarades et les charivaris. Le roman de Fauvel, composé vers la fin du XIIIe siècle, offre un détail curieux d'une arlequinade, ou, comme on disait alors, d'une hellequinade. Le héros du poëme vient de se retirer dans sa chambre à coucher; c'est l'instant qu'on attendait pour lui donner le charivari le plus étonnant qui jamais ait assourdi les oreilles humaines:

Puis faisoyent une crierie…

Jamais telle ne fut ouïe.

Li uns monstroit son cul au vent,

Li autres rompoit un auvent;

L'uns cassoit fenestres et huis,

L'autre jetoit le sel au puits;