Leur bon goût et leur intelligence éclate surtout dans les couplets qu'ils ont ajoutés au fragment de la nourrice:
Chacun mit ventre à terre, et puis se releva
Pour chanter les victoires que Malbrough remporta.
* La ceremonie faite, chacun s'en fut coucher,
* Les uns avec leurs femmes et les autres tout seuls[127].
Ce n'est pas qu'il en manque, car j'en connois beaucoup
Des blondes et des brunes, et des chataignes aussi.
J'n'en dis pas davantage, car en voilà z'assez.
[127] Pillé du Convoi du duc de Guise.
Cela n'a pas plus de raison que de rime. Les continuateurs n'ont pas même soupçonné l'ordonnance de ce qu'ils prétendaient finir. On voit qu'ils ont pillé la parodie de 1563, et n'ont réussi en définitive qu'à être, quand ils se croyaient réjouissants, bêtement plats ou platement bêtes. Aussi le peuple s'est-il bien gardé de consacrer leurs prétendus vers. La première moitié de Malbrou est dans toutes les mémoires; personne ne connaît ou n'a retenu la seconde. L'instinct populaire est infaillible à discerner le faux du vrai; et son arrêt lui seul, sans autre indication, suffirait pour mettre sur la trace de l'imposture.