(Ibid., act. III, sc. 8.)
On en pourrait citer beaucoup d'autres exemples.
Il reste à décider si un pléonasme est un solécisme; pour moi, je n'en crois rien. Un solécisme, proprement dit, blesse non-seulement l'usage, mais encore la raison; or, ce n'est pas ici le cas.
AUCUN était primitivement alque (pour auque), contracté d'aliquem, et signifie quelque. (Voy. ALQUE, p. [328].)
L'habitude de voir aucun employé dans des tournures négatives, a fait croire qu'il portait en soi la négation, et beaucoup de gens le prennent comme synonyme de son contraire nul. Il est fâcheux que l'Académie soit tombée dans ce piége, en disant que aucun signifie pas un. On n'est pas surpris de rencontrer de telles erreurs dans le Dictionnaire de M. Napoléon Landais, où elles pleuvent; mais l'Académie se devrait à elle-même d'être un peu plus circonspecte. Comment, sur ces quarante personnes, ne s'en est-il pas trouvé une seule pour faire observer aux autres que, dans les phrases où aucun n'est pas suivi d'une négation, il affirme, comme aliquis en latin, alcuno en italien, et alguno en espagnol? Aucuns ont dit… aucuns ont écrit… C'est quelques-uns ont dit, ont écrit:
Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui
Ne m'ont donné le droit de faillir comme lui.
(Phèdre.)
C'est-à-dire, quelques monstres ou plusieurs monstres que j'aurais domptés, ne m'ont donné le droit…