SINGULIER; SINGULIER A, particulier à:

Cette fermeté d’âme, à vous si singulière.

(Fem. sav. V. 1.)

«On dit d’une chose qu’elle est particulière à quelqu’un, mais non pas qu’elle lui est singulière.» (M. Auger.)

Et pourquoi ne le dirait-on pas? On dit bien singulier, sans complément, pour particulier. M. Auger n’a rien repris à ces vers:

Et je ne veux aussi, pour grâce singulière,

Que montrer à vos yeux mon âme tout entière.

(Tart. III. 3.)

Grâce singulière est pourtant bien là pour grâce particulière. Si on laisse au mot singulier le sens de singularis dans un cas, pourquoi ne pas le lui laisser dans l’autre? Pourquoi le permettre sans complément et le défendre, avec un complément?

En général, on critique beaucoup trop par cette formule: cela ne se dit pas. Ce qu’il faut montrer, c’est que cela ne doit pas, ne peut pas se dire, surtout quand cela a été dit par des gens comme Molière, Pascal ou Bossuet.