Des propositions tout à fait contraires aux cinq attribuées à Jansénius.

«La Grèce, toute polie et toute sage qu’elle étoit...»

(Bossuet. Hist. univ.)

Il est manifeste que dans ces exemples tout représente tout à fait; il devrait donc être invariable comme l’adverbe dont il tient la place. Cependant il ne l’est pas, soit à cause de l’euphonie à qui tout cède, soit par un autre motif, ou peut-être par une pure inconséquence. Quoi qu’il en soit, les grammairiens, bien empêchés par l’usage, ont posé à cet égard une plaisante règle: Tout, disent-ils, mis pour tout à fait, est adverbe devant les adjectifs féminins commençant par une voyelle, et, au contraire, il devient adjectif devant les adjectifs commençant par une consonne.

C’est-à-dire, pour parler vrai, que dans le premier cas on profite de l’élision pour escamoter sur le papier l’e final de toute, par exemple, tout aimable, tout entière, tout opposée. Cela passe, parce que l’oreille n’a rien à y réclamer; mais réellement il y a toujours accord.

—TOUT, invariable devant un nom de ville:

C’est moi qui suit Sosie, et tout Thèbes l’avoue.

(Amph. I. 2.)

Vous parlez devant un homme à qui tout Naples est connu.

(L’Av. V. 5.)