Ils auraient pu ajouter que la remarque s’applique à toute la pièce, et à beaucoup d’autres de Molière. En effet, la prose de Molière est souvent remplie de vers non rimés, au point qu’il est difficile de ne pas reconnaître là un parti pris, ou une nature pourvue d’un instinct du rhythme vraiment extraordinaire.
Et ce qui semble confirmer le premier soupçon, c’est la différence qui se montre d’une pièce à une autre. Par exemple, le Festin de Pierre, qui est de la plus belle prose de Molière, et qui par l’élévation des pensées, en plusieurs parties, semblait appeler la versification, le Festin de Pierre n’en présente que des traces fort rares, qui ne valent pas qu’on en tienne compte.
Il en est de même de la Critique de l’École des femmes: on sent que Molière s’y est surveillé. Au contraire, L’Avare est presque tout en vers libres, comme Amphitryon. L’auteur n’a pas eu le temps d’y attacher les rimes, mais la mesure y est déjà[80].
Il n’y a qu’à ouvrir au hasard:
VALÈRE.
Vous voyez comme je m’y prends,
Et les adroites complaisances
Qu’il m’a fallu mettre en usage
Pour m’introduire à son service;
Sous quel masque de sympathie