Despréaux sans argent, crotté jusqu’à l’échine,
S’en va chercher son pain de cuisine en cuisine;
Son Turlupin l’assiste, et, jouant de son nez,
Chez le sot campagnard gagne de bons dîners, etc.....
Ce même Cotin fit contre son ancien ami Ménage une satire intitulée la Ménagerie. On voit qu’il ne se contentait pas d’être un méchant poëte; il était encore un méchant homme.
[36] M. Rœderer met toujours Cottin par deux t. Il défigure le nom de son héros, comme ceux de la Fare et de Roberval, qu’il écrit Lafarre, et Robervalle. Ce sont de petits détails, mais non pas sans importance dans un livre qui prétend surtout tirer sa valeur de l’exactitude parfaite des petits détails.
En voici de plus essentiels:
M. Rœderer (p. 195) fait la Fontaine plus jeune que Molière, dont il place la naissance en 1620. L’acte de naissance authentique de Molière, publié en 1821, prouve que Molière est né en 1622, et donne raison à Bret, qui avait indiqué cette date. Ainsi Molière était d’un an plus jeune que la Fontaine.
(P. 28.) Il ne devrait plus être permis de répéter le conte du génie de la Fontaine, éveillé en sursaut à vingt-six ans par la lecture d’une ode de Malherbe. L’ouvrage de M. Walckenaer, fort antérieur à celui de M. Rœderer, a démontré la fausseté de cette historiette.