(D. Juan. II. 1.)
Dans l’origine du langage, tous les mots étaient armés d’une consonne finale, pour préserver la voyelle précédente du choc et de l’élision contre une voyelle initiale du mot suivant. Quelquefois cette voyelle est demeurée attachée au commencement du mot auquel elle n’appartenait pas. Ainsi le substantif or avait fait le verbe orer, comme argent, argenter; mais, par suite de quelque locution, comme c’est oré, on aura écrit c’est doré, et le mot dorer est resté.
Ma(t) ante (mea amita) est, par la même façon, devenu ma tante. (Voyez au mot [D’AUCUNS]).
Le d euphonique jouait un grand rôle dans l’ancienne prononciation; on le trouve écrit à chaque page du Livre des Rois, de la Chanson de Roland, des Sermons de saint Bernard, etc.
«Cument Semeï ki maldist nostre seignur le rei escaperad il de mort?»
(Rois, p. 193.)
Nous écrivons aujourd’hui entre deux tirets échappera-t-il; il est certain cependant que ce t final appartient au verbe, dont il caractérise la troisième personne.
«Il y en a d’aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents.»
(Mal. imag. II. 7.)
Le d appartient au verbe: il y en ad, comme dans ce vers du Roland: