(Tart. III. 4.)

C’est la leçon donnée par l’édition de P. Didot, 1821. L’édition de 1710 et toutes les modernes ont ne m’en dédites pas.

J’ai vérifié sur l’édition originale, imprimée sous les yeux et aux frais de Molière, par Jean Ribou, le 23 juin 1669, il y a bien dédites. «Ne m’en desdites pas.»

Trévoux:

«Nous desdisons, vous desdisez, et, selon quelques-uns, vous desdites

Et il cite, en exemple de cette seconde forme, le vers de Molière.

Je n’hésite pas à penser que Molière a ici péché contre la langue, et même contre le bon usage de son temps. L’Académie a raison, qui prescrit vous dédisez et dédisez-vous, comme vous élisez, cuisez, lisez, vous disez et vous contredisez.

Vous dictes, contraction de dic(i)tis, est une forme isolée, bizarre, dont il serait très-curieux de signaler les premiers exemples, car la forme primitive doit avoir été vous disez; la preuve en demeure dans tous les composés de dire, médire, prédire, maudire, contredire, interdire. Mais cette forme vous dites remonte à une bien haute antiquité: Palsgrave, en 1530, la donne, et ne fait de l’autre aucune mention.

A ce qu’il paraît, Molière s’est laissé entraîner à former le composé comme le simple, et P. Didot à rectifier la faute de Molière. L’un et l’autre a eu tort.

DÉFAIRE (SE), perdre contenance, se démonter: