Nous l’avons en dormant, madame, échappé belle!

(Fem. sav. IV. 3.)

L’usage a consacré cette forme avec cette orthographe, parce qu’elle date d’une époque où l’on n’était pas bien rigoureux sur l’accord des participes, et que d’ailleurs l’ellipse du substantif féminin dissimule un peu la faute. Il est certain que, à la rigueur, il faudrait échappée belle. Cependant, en prose même, personne n’a jamais écrit le participe au féminin:

«Ma foi, mon ami, je l’ai échappé belle depuis que je ne t’ai vu!»

(Lesage, Gil Blas.)

L’italien possède beaucoup de locutions faites, où l’adjectif est ainsi au féminin par rapport à un substantif sous-entendu:—come la passate?questa non l’intendo;—ei me l’ha fatta;—questa non mi calza, etc., etc., où l’on peut supposer dans l’ellipse les mots vita, cosa, burla, scarpa.

ÉCHELLE; TIRER L’ÉCHELLE APRÈS QUELQU’UN:

Lucas. Oh, morguenne! il faut tirer l’échelle après ceti-là.

(Méd. m. lui. II. 1.)

Cette figure s’entend assez: quand on tire l’échelle, c’est qu’on n’a plus à laisser monter personne, étant satisfait de ce qui est monté.