Affoler ne signifie pas rendre fou, comme l’explique le Suppl. au. Dict. de l’Acad., mais blesser, au propre et au figuré. C’est le verbe fouler composé avec a, marquant le progrès d’une action, comme dans alentir, apetisser, agrandir, amaladir. Elle en est affolée, elle en est férue.

«Ha! le brigand! il m’a tout affolée

(La Font. Le diable de Pap.)

Rendre fou se disait affolir (racines, fol, folle, et a). Montaigne a bien gardé la différence de ces deux mots:

«Et leur sembloit que c’estoit affoler les mystères de Venus, que de les oster du retiré sacraire de son temple.»

(II, 12.) Lædere mysteria Veneris.

«Il y a non-seulement du plaisir, mais de la gloire encores, d’affolir ceste molle doulceur et ceste pudeur enfantine.»

(Mont. II. 15.)

On avait composé aussi de foler (fouler) gourfoler ou gourfouler. (Voyez Du Cange, au mot affolare.)

Ce qui aura conduit à confondre les deux formes de l’infinitif, c’est qu’en effet le présent de l’indicatif est le même: le berger Aignelet, à qui son avocat recommande de ne répondre à toutes les questions autre chose sinon bée, s’y engage: