«Et le puis-je, madame? Ah, que vous me gênez

(Androm. I. 4.)

Ah, que vous torturez mon cœur!

Ce mot a perdu aujourd’hui toute l’énergie de son acception primitive; c’était même déjà un archaïsme dans Racine et dans Molière. On voit par cet exemple combien les mœurs influent sur le langage: à mesure que l’usage de la torture ou de la gene s’éloignait, la valeur du mot s’affaiblissait comme le souvenir de la chose. Il est gêné dans ses habits eût été, au XIIe siècle, une hyperbole violente; aujourd’hui, cela signifie simplement, il n’y est pas à son aise; c’est l’expression la plus douce qu’on puisse employer.

GÊNES, au pluriel, dans le sens du latin gehenna, torture:

Je sens de son courroux des gênes trop cruelles.

(Dép. am. V. 2.)

GENS masculin:

Ma langue est impuissante, et je voudrois avoir

Celle de tous les gens du plus exquis savoir.