Il peut être intéressant, pour l’histoire de la langue, d’observer que nos pères avaient à la fois crouler et trembler, et qu’ils distinguaient fort bien l’un de l’autre. En voici un exemple, tiré du roman d’Alexandre; il s’agit des prodiges qui signalèrent la naissance de ce héros:
«Dieu demonstra par signe qu’il (Alexandre) se feroyt cremir[57], car l’on vit l’aer muer, le firmament croissir[58], et la terre crouler; la mer par lieus rougir, et les bestes trembler, et les hommes fremir.»
(Préf. de la Ch. des Saxons. p. 22.)
Ces finesses de nuances n’indiquent pas une langue barbare.
«Quand le souldich l’eut entendu, si crolla la teste et le regarda fellement, et dist: Tu has murdry!»
(Froissart. Chron. II. ch. 30.)
GUÉRIR, au sens figuré:
NICOLE.
De quoi est-ce que tout cela guérit?
(B. gent. III. 3.)