(Ibid. II. 6.)

Pierrot, Charlotte et Mathurine, dans Don Juan, usent également de cette façon de parler, qui attire à la pauvre Martine cette réprimande de Bélise:

Ton esprit, je l’avoue, est bien matériel!

Je n’est qu’un singulier, avons est un pluriel.

Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire?

Mais il est bon de savoir qu’avant de se trouver dans la bouche des servantes et des paysans, cette façon de parler avait été dans celle des savants et des princes. Henri Estienne en rend témoignage dans ses Dialogues du langage françois italianisé:—«Ce sont les mieux parlants qui prononcent ainsi, «j’allons, je venons, je disnons, je soupons

Cette faute, dont il accuse les courtisans de Henri III, remonte beaucoup plus haut, puisqu’on lit, dans une lettre autographe de François Ier à M. de Montmorency:

«J’avons espérance qu’y fera beau tems, veu ce que disent les estoiles que j’avons eu le loysir de veoir.»

(Lett. de la Reine de Navarre. I. 467.)

Il y a plus, cette locution est consignée dans la grammaire de Palsgrave: