«L’eau ne laissa pas d’agir, et de mettre en évidence les figues toutes crues encore et toutes vermeilles.»
(La Font. Vie d’Ésope.)
«Cela n’importe, dit le père; on ne laisse pas d’obliger toujours les confesseurs à les croire (les pénitents).»
(Pascal. 10e Provinc.)
«Je ne laissai pas de compter avec plaisir l’argent que j’avois dans mes poches, bien que ce fût le salaire de mes assassinats.»
(Le Sage. Gil Blas. II. 6.)
Dans cette façon de parler, laisser représente omettre. On dit omettre de, et non pas omettre que de. Les Italiens disent pareillement: «Egli non lascia di dire il suo parer,» et non pas non lascia che di dire.
Si cette locution nous vient d’eux, il est clair que nous l’avons altérée; s’ils l’ont au contraire prise de nous, c’est la preuve que dans l’origine le que n’y figurait pas.
Thomas Corneille, dans ses notes sur Vaugelas, blâme l’introduction du que parasite dans cette façon de parler; un dictionnaire moderne ne laisse pas de l’autoriser, c’est celui de M. Napoléon Landais.
LANGUE; AVOIR DE LA LANGUE, être bavard: