C’est être libertin que d’avoir de bons yeux.

(Tart. I. 6.)

Je le soupçonne encor d’être un peu libertin:

Je ne remarque pas qu’il hante les églises.

(Ibid. II. 2.)

Laissez aux libertins ces sottes conséquences.

(Ibid. V. 1.)

Libertin, aujourd’hui restreint à la débauche des femmes, signifiait dans l’origine un esprit fort, un libre penseur, et n’emportait pas nécessairement une idée désavantageuse.

«Ce mot, dit Bouhours, signifie quelquefois une personne qui hait la contrainte, qui suit son inclination, qui vit à sa mode, sans s’écarter néanmoins des règles de l’honnêteté et de la vertu. Ainsi l’on dira d’un homme de bien qui ne sauroit se gêner, et qui est ennemi de tout ce qui s’appelle servitude: Il est libertin. Il n’y a pas au monde un homme plus libertin que lui. Une honnête femme dira même d’elle, jusqu’à s’en faire honneur: Je suis née libertine. Libertin et libertine, en ces endroits, ont un bon sens et une signification délicate.»

(Remarques nouvelles sur la langue françoise, p. 395, édition de 1675.)