(Crit. de l’Éc. des fem. 6.)
—NE, exprimé; après NE DOUTER POINT QUE:
Oui, je ne doute point que l’hymen ne vous plaise.
(Éc. des fem. II. 7.)
Je ne doute point que vos paroles ne soient sincères.
(Scapin. I. 3.)
Bossuet a dit:
«Je ne crois pas qu’on puisse douter que Ninus ne se soit attaché à l’Orient.»
(Hist. Un. IIIe p. § 4.)
Ici pourtant l’expression est différente de celle de Molière, en ce que le premier ne s’attache, non pas au verbe douter, mais au verbe croire. Il paraît que le XVIIe siècle tenait pour règle invariable d’exprimer ne après douter que, quel que fût d’ailleurs le sens de la phrase, affirmatif ou négatif. Ninus s’était attaché à l’Orient, je ne crois pas qu’on en puisse douter; c’est ce que veut dire Bossuet, et il met deux négations. Il me semble que dans cet exemple la seconde est de trop, mais on observait encore certaines lois de symétrie, tradition de la vieille langue, qu’aujourd’hui nous qualifions pléonasmes.