Vous le voyez: sans moi vous y seriez encore,
Et vous aviez besoin de mon peu d’ellébore.
(Sgan. 22.)
La suivante veut dire: Vous aviez besoin de ce peu de jugement que m’a départi le ciel. Mais, à prendre sa phrase dans le sens ordinaire de cette tournure, elle dirait: Vous aviez besoin que j’eusse peu de jugement.
Votre peu de foi vous a perdu.—Vous êtes perdu pour avoir eu trop peu de foi. C’est le sens régulier.
Votre peu de foi vous a sauvé. C’est-à-dire, il vous a suffi d’un peu de foi pour être sauvé. C’est le sens exceptionnel que donne ici Molière à cette façon de parler. L’équivoque, sans compter l’usage, ne permet pas de l’admettre.
Voltaire parle plus correctement que Molière, quand il fait dire à Omar:
«Je voulus le punir, quand mon peu de lumière
«Méconnut ce grand homme entré dans la carrière.»
(Mahomet. I. 4.)