[CHAP. II.]--Limites.--1715-1744.

Etat du Canada: commerce, finances, justice, éducation, divisions paroissiales, population, défenses.--Plan de M. de Vaudreuil pour l'accroissement du pays.--Délimitation des frontières entre les colonies françaises et les colonies anglaises.--Perversion du droit public dans le Nouveau-Monde au sujet du territoire.--Rivalité de la France et de la Grande-Bretagne.--Différends relatifs aux limites de leurs possessions.--Frontière de l'Est ou de l'Acadie.--Territoire des Abénaquis.--Les Américains veulent s'en emparer.--Assassinat du P. Rasle.--Le P. Aubry propose une ligne tirée de Beaubassin à la source de l'Hudson.--Frontière de l'Ouest.--Principes différens invoqués par les deux nations; elles établissent des forts sur les territoires réclamés par chacune d'elle réciproquement.--Lutte d'empiétemens; prétentions des colonies anglaises; elles veulent accaparer la traite des Indiens.--Plan de M. Burnet.--Le commerce est défendu avec le Canada.--Etablissement de Niagara par les Français, et d'Oswégo par les Anglais.--Plaintes mutuelles qu'ils s'adressent.--Fort St.-Frédéric élevé par M. de la Corne sur le lac Champlain; la contestation dure jusqu'à la guerre de 1744.--Progrès du Canada.--Emigration; perte du vaisseau le Chameau.--Mort de M. de Vaudreuil (1725); qualités de ce gouverneur.--M. de Beauharnais lui succède.--M. Dupuy, intendant.--Son caractère.--M. de St.-Vallier second évêque de Québec meurt; difficultés qui s'élèvent relativement à son siége, portées devant le Conseil supérieur.--Le clergé récuse le pouvoir civil.--Le gouverneur se rallie au parti clérical.--Il veut interdire le conseil, qui repousse ses prétentions.--Il donne des lettres de cachet pour exiler deux membres.--L'intendant fait défense d'obéir à ces lettres.--Décision du roi.--Le cardinal de Fleury premier ministre.--M. Dupuy est rappelé.--Conduite humiliante du Conseil.--Mutations diverses du siége épiscopal jusqu'à l'élévation de M. de Pontbriant.--Soulèvement des Outagamis (1728) expédition des Canadiens; les Sauvages se soumettent.--Voyages de découverte vers la mer Pacifique; celui de M. de la Vérandrye en 1738; celui de MM. Legardeur de St.-Pierre et Marin quelques années après; peu de succès de ces entreprises.--Apparences de guerre; M. de Beauharnais se prépare aux hostilités.

[LIVRE VIII.]

[CHAP. I.]--Commerce.--1608-1744.

De l'Amérique et de ses destinées.--But des colonies qui y ont été établies.--Le génie commerçant est le grand trait caractéristique des populations du Nouveau-Monde.--Commerce canadien: effet destructeur des guerres sur lui.--Il s'accroît cependant avec l'augmentation de la population.--Son origine: pêche de la morue.--Traite des pelleteries de tout temps principale branche du commerce de la Nouvelle-France.--Elle est abandonnée au monopole de particuliers ou de compagnies jusqu'en 1731, qu'elle tombe entre les mains du roi pour passer en celles des fermiers.--Nature, profits, grandeur, conséquences de ce négoce; son utilité politique.--Rivalité des colonies anglaises; moyens que prend M. Burnet, gouverneur de la Nouvelle-York, pour enlever la traite aux Français.--Lois de 1720 et de 1727.--Autres branches de commerce: pêcheries, combien elles sont négligées.--Bois d'exportation.--Construction des vaisseaux.--Agriculture; céréales et autres produits agricoles.--Jin-seng.--Exploitation des mines.--Chiffre des exportations et des importations.--Québec, entrepôt général.--Manufactures: introduction des métiers pour la fabrication des toiles et des draps destinés à la consommation intérieure.--Salines.--Etablissement des postes et messageries (1745).--Transport maritime.--Taxation: droits de douane imposés fort tard et très modérés.--Systèmes monétaires introduits dans le pays; changemens fréquens qu'ils subissent et perturbations qu'ils causent.--Numéraire, papier-monnaie: cartes, ordonnances; leur dépréciation.--Faillite du trésor, le papier est liquidé avec perte de (5/8) pour les colons en 1720.--Observations générales.--Le Canadien plus militaire que marchand.--Le trafic est permis aux fonctionnaires publics; affreux abus qui en résultent.--Lois de commerce.--Etablissement du siége de l'Amirauté en 1717; et d'une bourse à Québec et à Montréal.--Syndic des marchands.--Le gouvernement défavorable à l'introduction de l'esclavage au Canada.

[CHAP. II.]--Louisbourg.--1744-1748.

Coalition en Europe contre Marie-Thérèse pour lui ôter l'empire (1740).--Le maréchal de Belle-Isle y fait entrer la France.--L'Angleterre se déclare pour l'impératrice en 1744.--Hostilités en Amérique.--Ombrage que Louisbourg cause aux colonies américaines.--Théâtre de la guerre dans ce continent.--Les deux métropoles, trop engagées en Europe, laissent les colons à leurs propres forces.--Population du Cap-Breton; fortifications et garnison de Louisbourg.--Expédition du commandant Duvivier à Canseau et vers Port-Royal.--Déprédations des corsaires.--Insurrection de la garnison de Louisbourg.--La Nouvelle-Angleterre, sur la proposition de M. Shirley, en profite pour attaquer cette forteresse.--Le Colonel Pepperrell s'embarque avec 4,000 hommes, et va y mettre le siége par terre, tandis que le commodore Warren en bloque le port.--Le commandant français rend la place.--Joie générale dans les colonies anglaises; sensation que fait cette conquête.--La population de Louisbourg est transportée en France.--Projet d'invasion du Canada, qui se prépare à tenir tête à l'orage.--Escadre du duc d'Anville pour reprendre Louisbourg et attaquer les colonies anglaises (1746); elle est dispersée par une tempête.--Une partie atteint Chibouctou (Halifax) avec une épidémie à bord.--Mortalité effrayante parmi les soldats et les matelots.--Mort du duc d'Anville.--M. d'Estournelle, qui lui succède, se perce de son épée.--M. de la Jonquière persiste à attaquer Port-Royal; une nouvelle tempête disperse les débris de la flotte.--Frayeur et armement des colonies américaines.--M. de Ramsay assiège Port-Royal.--Les Canadiens défont le colonel Noble au Grand-Pré, Mines.--Ils retournent dans leur pays.--Les frontières anglaises sont attaquées, les forts Massachusetts et Bridgman surpris et Saratoga brûlé; fuite de la population.--Nouveaux armemens de la France; elle perd les combats navals du Cap-Finistère et de Belle-Isle.--Marine anglaise et française.--Faute du cardinal Fleury d'avoir laissé dépérir la marine en France.--Le comte de la Galissonnière gouverneur du Canada.--Cessation des hostilités; traité d'Aix-la-Chapelle (1748).--Suppression de l'insurrection des Miâmis.--Paix générale.

[CHAP. III.]--Commission des Frontières.--1748-1755.

La paix d'Aix-la-Chapelle n'est qu'une trêve.--L'Angleterre profite de la ruine de la marine française pour étendre les frontières de ses possessions en Amérique.--M. de la Galissonnière, gouverneur du Canada.--Ses plans pour empêcher les Anglais de s'étendre, adoptés par la cour.--Prétentions de ces derniers.--Droit de découverte et de possession des Français.--Politique de M. de la Galissonnière, la meilleure quant aux limites.--Emigration des Acadiens; part qu'y prend ce gouverneur.--Il ordonne de bâtir ou relever plusieurs forts dans l'Ouest; garnison au Détroit, fondation d'Ogdensburgh (1749).--Le marquis de la Jonquière remplace M. de la Galissonnière.--Projet que ce dernier propose à la cour pour peupler le Canada.--Appréciation de la politique de son prédécesseur par M. de la Jonquière; le ministre lui enjoint de la suivre.--Le chevalier de la Corne et le major Lawrence s'avancent vers l'isthme de l'Acadie et s'y fortifient; forts Beauséjour et Gaspareaux; Lawrence et des Mines.--Lord Albemarle, ambassadeur britannique à Paris, se plaint des empiétemens des Français (1750); réponse de M. de Puyzieulx.--La France se plaint à son tour des hostilités des Anglais sur mer.--Etablissement des Acadiens dans l'île St.-Jean; leur triste situation.--Fondation d'Halifax (1749).--Une commission est nommée pour régler la question des limites: MM. de la Galissonnière et de Silhouette pour la France; MM. Shirley et Mildmay pour la Grande-Bretagne.--Convention préliminaire: tout restera dans le Statu quo jusqu'au jugement définitif.--Conférences à Paris; l'Angleterre réclame toute la rive méridionale du St.-Laurent depuis le golfe jusqu'à Québec; la France maintient que l'Acadie, suivant ses anciennes limites, se borne au territoire qui est à l'est d'une ligne tirée dans la péninsule de l'entrée de la baie de Fondy au cap Canseau.--Notes raisonnées à l'appui de ces prétentions diverses.--Les deux parties ne se cèdent rien.--Affaire de l'Ohio; intrigues des Anglais parmi les naturels de cette contrée, et des Français dans les cinq cantons.--Traitans de la Virginie arrêtés et envoyés en France.--Les deux nations envoyent des troupes sur l'Ohio et s'y fortifient.--Le gouverneur fait défense aux Demoiselles Desauniers de faire la traite du castor au Sault-St.-Louis; difficulté que cela lui suscite avec les Jésuites, qui se plaignent de sa conduite à la cour, de la part qu'il prend, lui et son secrétaire, au commerce, et de son népotisme.--Il dédaigne de se justifier.--Il tombe malade et meurt à Québec en 1752.--Son origine, sa vie, son caractère.--Le marquis Duquesne lui succède.--Affaire de l'Ohio continuée.--Le colonel Washington marche pour attaquer le fort Duquesne.--Mort de Jumonville.--Défaite de Washington par M. de Villiers au fort de la Nécessité (1754).--Plan des Anglais pour l'invasion du Canada; assemblée des gouverneurs coloniaux à Albany.--Le général Braddock est envoyé par la Grande-Bretagne en Amérique avec des troupes.--Le baron Dieskau débarque à Québec avec 4 bataillons (1755).--Négociations des deux cours au sujet de l'Ohio.--Note du duc de Mirepoix du 15 janvier 1755; réponse du cabinet de Londres.--Nouvelles propositions des ministres français; l'Angleterre élève ses demandes.--Prise du Lys et de l'Alcide par l'amiral Boscawen.--La France déclare la guerre à l'Angleterre.

FIN DES SOMMAIRES.