ARISTE, JULIE.
ARISTE, à part.
Elle a quelquefois entendu parler du marquis comme d'un homme peu formé; elle craint sans doute que je ne la désapprouve.
JULIE, à part.
Quel parti prendre avec un homme trop modeste pour rien entendre?
ARISTE.
Je ne devrois point, Julie, paroître en savoir plus que vous ne voulez m'en dire; mais enfin, les soins que j'ai pris de votre enfance et l'amitié que je vous ai toujours témoignée, me font prétendre à ne rien ignorer de ce qui vous touche. Quelques amis m'ont parlé en particulier. Ce n'est pas tout. Depuis un temps, je vous trouve rêveuse, inquiète, embarrassée. Il faut que vous en conveniez, Julie, quelqu'un a su vous toucher.
JULIE.
J'en conviendrai, monsieur. Oui, quelqu'un a su me plaire; mais ne tenez point compte de ce qu'on a pu vous dire, et ne me demandez point qui est celui pour qui je sens du penchant, car je ne puis me résoudre à vous le déclarer.