— As-tu jamais vu des serpents longs de quatre mètres ?
— Quatre mètres ? non, certes, répondis-je sans surprise : c’est rare, surtout sous nos climats.
— Quelles longueurs avaient ceux que tu as vus ?
— Mais… quelques pouces, au plus un ou deux pieds.
— N’est-ce pas ? pourtant, regarde donc, allongé au pied du lit, contre la muraille, ce serpent blanc long de quatre mètres…
— Mon Dieu, qu’as-tu donc ? réveille-toi !
— Eh, je ne dors pas : ne vois-tu pas, contre les écharpes tendues sur le mur, ce serpent blanc long de quatre mètres ?
Etc., etc…
Le lendemain matin, c’est ma femme qui me rappelle tout ceci, à moi qui ne me souviens de rien… « Il était complètement immobile ; non couvert d’écailles, mais d’une peau pareille à cette étoffe blanc satiné qu’on nomme poult-de-soie.
« Je savais, à n’en pouvoir douter, qu’il mesurait précisément quatre mètres, et tout cela me demeure si présent que je crois le voir encore… »