Double dièze et aï mousseux!


LE CONCERT DE LA PLACE DE LA BOURSE

A. ALF. et EUG. BÉJOT.

Vous connaissez sûrement l'Eldorado, l'Opéra des cafés-concerts; la Scala, qui donna l'hospitalité à une princesse pour de bon; les Ambassadeurs, rendez-vous des pschutteux tout à fait v'lan, en été; l'Alcazar, que la foule assiège en ce moment pour applaudir chaque soir Fusier, le gai compère; mais je parierais bien que vous ne connaissez pas le Concert de la place de la Bourse.


Ah! dame, comment deviner l'existence de ce ... cette réunion ... qui, à l'encontre des établissements cités plus haut, dédaigne les affiches-réclames, les voitures-annonces, et tout ce qui peut appeler sur elle l'attention publique. Au lieu de rechercher le bruit et la renommée, ce ... cette société écarte avec soin tout ce qui pourrait renseigner sur son ... fonctionnement! Vous ne comprenez, peut-être, pas très bien; n'est-pas? Cela ne m'étonne pas: comment, en effet, ne pas rester stupéfait à l'idée seule, d'acteurs évitant la presse, de musiciens insensibles à la vue d'un auditoire nombreux?

Voulez-vous que j'augmente encore votre surprise? Les soirées en question ne sont ni mensuelles, ni hebdomadaires ni quotidiennes; elles sont ... ou elles ne sont pas, selon le bon plaisir des acteurs ou selon la température, car, s'il pleut, nos chanteurs, ces rossignols en veston, se calfeutrent dans leur nid tout là -haut, tout là -haut au cinquième étage!