Ces quatre classes offraient un aspect bien différent.
Chez Régnier: les travailleurs enragés, ceux que le démon du théâtre tourmentait et qui voulaient arriver à tout prix (Régnier avait généralement les plus hautes récompenses aux concours de fin d'année.)
Chez Got: des farceurs qui ne demandaient qu'à s'amuser et organisaient des tournées à Ãtampes, cette tour d'Auvergne de la Seine-et-Oise, Chartres, etc.
Chez Delaunay: la haute gomme, boudinés et copurchics toujours tirés à plusieurs épingles; jeunes ... filles pour la plupart très fortes en l'art ... de se faire payer hôtel et voiture, mais ne se doutant pas des difficultés du théâtre, passant par le Conservatoire parce que c'est le tremplin, mais lâchant l'école dès que le vieux est trouvé. A la classe de l'éternel jeune premier, on ne voyait que pelisses, bouquets de violettes, fourrures ... tout au musc!
Chez Monrose, enfin, autre genre: la bohème (X... aujourd'hui, à l'Odéon, qui se coupait les poches parce qu'il n'avait rien à y mettre dedans) les échevelés, tragédiens farouches, Aricies pâlottes et grelottantes, beaucoup de jolis minois cependant: le maître était amateur!
Pour en revenir à notre héros, Isidore voulait jouer la tragédie ou la comédie: peu lui importait pourvu qu'il jouât!
Britannicus ou Crispin, son choix n'était pas fixé.
Ayant lu qu'en 1830, les romantiques se laissaient pousser les cheveux, Isidore n'avait rien à envier à Clodion ou à Monsieur de Lapommeraye. Sa toison était telle qu'obligé de la natter, il l'enfouissait sous son chapeau crasseux.