A P. BONHOMME.
Connaissez-vous les Pittalugue? Non? Oui? ah tant pis, vous me privez du plaisir de vous les faire connaître.
—Ãa ne fait rien, allez-y, du portrait!
—Vous êtes vraiment bien bon; je commence:
M. et madame Pittalugue sont concierges chez un notaire de mes amis. Lui, fainéant comme un groupe de couleuvres, elle ... continuellement altérée et se rafraîchissant toujours (C'est même chez madame Pittalugue que j'ai observé pour la première fois ce curieux phénomène: le petit bleu fait les nez rouges et les gens gris, mais passons....)
Ces deux êtres bizarres ont le don de plaire à première vue, et parviennent à faire dire, quand on les quitte:
—Tiens, c'est étonnant, ils sont polis, ces concierges!
Mais lorsqu'on les revoit, la bonne impression s'efface promptement et l'on s'aperçoit bientôt qu'il faut en rabattre, leurs saluts exagérés étant pantomime mécanique, leurs compliments, leçon apprise et leur politesse enfin, pure et énervante obséquiosité!
Certes, des pipelets grognons, ronchonneurs et grincheux sont bien désagréables mais ils sont encore préférables aux Pittalugue en question, qui ont résolu ce nouveau problème: embêtants à force d'être trop gracieux!
Si vous passez vingt-cinq fois dans la même journée devant leur loge, vingt-cinq fois ils vous réciteront sans reprendre haleine et sur le même ton monocorde et irritant leur interminable chapelet: