Eh bien, et le monsieur qui termine toutes ses phrases par cet agaçant «vous comprenez?» Avec ce refrain monotone, ce n'est pas la carte mais la réponse forcée.

N'oublions pas non plus le malheureux qui dodeline de la tête, comme un magot de Saxe. L'infortuné n'ose aller à la salle des ventes de peur, par une désolante méprise, de se voir adjuger tous les tableaux.

Indépendamment de ses productions locales, chaque contrée a ses locutions particulières.

Le Breton dit: dam! Le Marseillais commence ses phrases par: té! Le Bordelais, les finit par: hé? Le Belge, les émaille d'un sempiternel: savez-vous? Pas d'Auvergnat, sans un vigoureux: fouchtra! Ah! on ferait une curieuse mosaïque avec toutes ces exclamations ... mais n'anticipons pas et laissons aux académiciens de l'an 2886 le soin de rédiger ces variantes, quand ils arriveront au mot tic, s'ils en sont à la lettre T, à cette époque ... ce dont je doute.


Chez les acteurs, les tics sont assez fréquents.

D'aucuns s'en sont servis comme attrait irrésistible et doivent en partie leur succès à certaines manies bizarres.

Celui-ci hoche la tête, celui-là la renverse en arrière, un tel se tape à chaque instant sur les cuisses et, pour finir enfin, nous connaissons tous, ce comédien, qui ayant à dire dans son rôle:

—Hier, j'ai pris l'omnibus.