PRÃFACE
Si tous ceux qui ont applaudi Galipaux, tous ceux qu'il a fait rire, achetaient son livre, ce serait—comme le briquet de Fumade—le plus grand succès qu'on puisse voir de nos jours!
Il est si gentil, ce petit Galipaux.
Il y a des jours où on le prendrait pour Déjazet, et on se demande pourquoi il ne joue pas les PREMIÃRES ARMES DE RICHELIEU et le VICOMTE DE LÃTORIÃRES.
Un comique qui n'a rien de grotesque, le cas est presque unique. Hyacinthe avait son nez, Ravel avait sa tournure, Baron a un vice de prononciation qui lui rapporte soixante mille francs par an.
De tous les comiques connus, l'un a la maigreur; l'autre l'obésité. Galipaux n'a que la gaîté, l'esprit, la finesse des nuances. Il voudrait être ridicule qu'il ne pourrait pas y arriver.
Il justifie le proverbe: Qui peut le plus peut le moins. Un premier prix au Conservatoire lui donnait de droit son entrée à la Comédie Française; mais Galipaux mesura Coquelin qui signait de la rue Lafayette des décrets de Moscou, et, prudemment, il prit l'autre côté du Palais-Royal. Le premier prix du Conservatoire signa un engagement de cinq ans avec le théâtre où triomphèrent Sainville, Arnal, Alcide Tousez, Achard, Gil-Pérez. Et là , même là , on le tint trois ans sous le boisseau. Les jeunes ont à lutter partout.
Il est cependant méridional, ce jeune comique arrivé à la force du poignet; mais le midi lui-même est étouffé par les syndicats et les coalitions.
C'est pourquoi Galipaux, désireux d'occuper ses loisirs, se mit à écrire de petites études, des esquisses, des monologues, des proverbes qui ont prouvé qu'il était capable de débiter autre chose que l'esprit des autres.
Après les DEUX ÃPAVES, saynète en vers, Galipaux se révéla sous trois formes différentes dans le VIOLON SÃDUCTEUR: auteur, comédien et violoniste, il savoura trois succès en une séance.