Enfin, il est installé. Ses amis lui ont dit:

—Nous allons au Café du Commerce, tu nous y trouveras, si tu ne traînes pas.

Ah! bien, ouiche, Cinguy qui a fait le tour de la ville pour trouver l'Hôtel de l'Angleterre, devant lequel il est passé deux fois en courant, mais qu'il n'a pas vu, il est si distrait, arrive au Café du Commerce, cinq minutes après le départ de ses amis.

Son nez s'allonge.

Heureusement, il rencontre un ancien condisciple de Louis-le-Grand, aujourd'hui sous-chef à la préfecture de la ville. Ce jeune provincial savait par les affiches que Cinguy venait jouer ici; il serait bien allé l'attendre à la gare, mais il ignorait l'heure de l'arrivée. N'importe, le voilà , il ne lâche plus le comédien. D'ailleurs, ses parents sachant l'ami du fils bien élevé quoique artiste, ont chargé leur rejeton de l'inviter à dîner. Oh! impossible de refuser. Tout est prévu. Sachant que Cinguy avait besoin d'être au théâtre de bonne heure, on dînera à six heures et quart. C'est en-ten-du.


Au théâtre, tout le monde est agité: Cinguy n'est pas arrivé et c'est lui qui dit le premier mot.

—Me voilà ! Me voilà !

En effet, on entend un tapage effroyable: c'est Cinguy qui monte quatre à quatre l'escalier tout en criant: à moi!! je suis en retard!!! coiffeur! habilleur!! vite!

Il se déshabille sur le palier, jette ses vêtements à un machiniste qu'il prend pour l'habilleur, se fait une tête de clown, tellement il se presse et crie: