—Oui, oui, riez; mais moi, je pars ce soir pour Bukharest!
LETTRE
Le Havre Sainte-Adresse, 18 août 1885.
Cher monsieur Besson,
Après la tournée de la Parisienne, je n'ai eu que le temps de secouer mes effets et de reboucler mes malles pour Sainte-Adresse.
Je réalise ici le rêve de tous les comédiens: je suis directeur, directeur artistique s'entend, du casino Marie-Christine. Un directeur pas bien imposant; comme vous voyez. J'ai une petite troupe, oh! pas bien grande; nous sommes ... quatre—deux de chaque sexe—nous jouons deux fois par semaine; ça n'a l'air de rien? eh bien, c'est énorme.
C'est énorme par la raison que je renouvelle toutes les fois l'affiche (et quel mal pour trouver un répertoire!)
J'ai donné, jusqu'à présent, vingt trois pièces en un acte, en treize soirées (le Serment d'Horace, l'Histoire d'un sou et les Ãtrennes d'Ãdouard), un petit chef-d'œuvre que j'ai signé avec Ãvin, mon collaborateur du Lézard—ayant été redemandés, sans compter l'avalanche torrentielle et obligatoire de monologues!