Sorti du théâtre, le dernier, il grelotte devant la porte des artistes ou fond de chaleur à assister au chargement des bagages.
Les billets pris et les malles des artistes enregistrées, comme il a vingt minutes à lui ... et le ventre creux, il avise un caboulot voisin et va casser une croûte, ce qui n'empêche pas le régisseur général de lui dire brusquement lorsqu'il l'aperçoit:
—Eh bien! c'est ça, ne vous pressez pas! voilà une demi-heure que nous vous attendons! Ah! vous vous la coulez douce, vous!
!!!
LE RÃGISSEUR GÃNÃRAL
D'abord, celui-là , il ne faut pas l'appeler régisseur général, ça le froisse, mais bien «mossieu l'administrateur», ça sonne mieux à ses oreilles, puis c'est plus long, le mot a plus d'importance.
Il administre! Il ne sait pas au juste quoi? Mais il administre tout de même.
C'est un prétentieux, du reste on n'a qu'à en juger par son costume! Redingote noire, pantalon foncé, éternellement vissé sur sa tête un chapeau haut de forme (c'est plus commode, en voyage) une sacoche en bandoulière et des gants.... Oh! des gants très noirs.... C'est plus gai ... et puis ça cache les ongles qui sont de la même couleur.
Le régiss... non, l'administrateur a l'aspect folâtre d'un croque-mort qui voyage en touriste!
Dans le wagon, il s'isole dans un coin et ne prend jamais part à la conversation générale, ce serait décheoir.