FIN DES NOTES.
TABLE DES CHAPITRES.
| Chapitre [I] | [7] |
| Les sourds-muets dans l'antiquité et le moyen âge.—Abandon général.—Quelques efforts tentés en leur faveur.—Ils échouent, fauted'ensemble.—Naissance de l'abbé de l'Épée.—Sa vocation pourl'état ecclésiastique.—Le formulaire d'Alexandre VII.—Il refusede le signer.—Il est autorisé, néanmoins, à remplir les fonctions dudiaconat.—Il devient avocat et prête serment le même jour queM. de Maupeou.—Enfin, un neveu de Bossuet lui fraie le chemindu sacerdoce. | |
| Chapitre [II] | [14] |
| Vertus et maximes de l'abbé de l'Épée.—Sa tolérance.—Ses rapportsavec le protestant Ulrich.—Ses vœux en faveur des juifs.—Sonabnégation, son humilité.—Ses relations avec un évêque janséniste,qu'il rend dépositaire de son adhésion à la bulle Unigenitus—On lui interdit le ministère de la parole et celui de la confession.—On lui refuse les cendres.—Sa réponse à un prêtre intolérant.—Vengeance sublime.—Commencement de son apostolat. | |
| Chapitre [III] | [20] |
| Deux sœurs sourdes-muettes, élèves du R. P. Vanin, de la doctrinechrétienne.—La mort les ayant privées de leur instituteur, l'abbéde l'Épée se résout à continuer son œuvre.—Théorie du langagedes gestes.—Il ignore entièrement les travaux de ses prédécesseurs.—Ses premières tentatives.—Objections des philosophes etdes théologiens.—Réponses victorieuses à ces objections.—Importantavis du R. P. Lacordaire. | |
| Chapitre [IV] | [28] |
| Lutte plus sérieuse du célèbre instituteur des sourds-muets avec leshommes de sa spécialité.—Publication de ses divers travaux sousle voile de l'anonyme.—Succès de ses séances publiques.—Intérêtque lui portent Louis XVI, Joseph II et Catherine de Russie.—Saréputation grandit avec son zèle.—Exercices en français, en latin,en italien, en espagnol, en anglais.—Quelques taches éparses dansl'ensemble de son système.—Puériles décompositions grecques etlatines. | |
| Chapitre [V] | [35] |
| Les signes naturels seuls peuvent-ils suffire à l'expression même desidées métaphysiques?—Divers essais infructueusement tentés pourarriver à une écriture universelle.—Descartes et Leibnitz ne croientpas à la possibilité d'un succès.—M. de Lamennais est d'un aviscontraire.—La fusion de toutes les langues en une seule, si elleétait possible, serait-elle durable?—La mimique est la seule langueuniverselle.—Tentative heureuse de Bébian pour peindre le gesteet le fixer sur le papier comme on y fixe la parole.—Sa MIMOGRAPHIE. | |
| Chapitre [VI] | [40] |
| Parole artificielle enseignée aux sourds-muets.—A quel hasard en estdue l'introduction dans le cours d'études de l'abbé de l'Épée.—Découverte inattendue d'un livre espagnol et d'un livre latin surcette spécialité.—Juan Pablo Bonet et Conrad Amman.—Quelquesouvrages composés sur ce sujet après l'abbé de l'Épée.—Sourds-muets parlants les plus remarquables, formés par ses leçons.—Succès qu'avait déjà obtenus, à Paris, dans l'articulation artificielle,un juif portugais, Jacob Rodrigues Pereire, et qu'ignorait complètementnotre célèbre instituteur. | |
| Chapitre [VII] | [45] |
| L'alphabet manuel, à une seule main, est originaire d'Espagne et remonteà 1620.—Persistance de l'Angleterre à garder l'alphabetmanuel à deux mains, pareil à celui de nos collèges.—Plusieursinstituteurs d'Allemagne n'en emploient aucun.—Difficulté pourles commencements.—Notre dactylologie se popularise en France.—Ses avantages.—Quelques-unes de ses règles.—Son utilitépour les parlants.—Son usage dans les ténèbres.—Elle est inférieureà la mimique.—Justice rendue à Pereire par l'abbé de l'Épée.—Justification du célèbre instituteur par lui-même.—Exposé de saméthode.—Attaque du sourd-muet Saboureux de Fontenay.—L'abbé de l'Épée offre d'être jugé contradictoirement avec Pereireet d'adopter même son système, s'il est déclaré supérieur au sien. | |
| Chapitre [VIII] | [54] |
| Tentatives en faveur des sourds-muets en Angleterre, en Hollande, enAllemagne, en France, à Genève, en Espagne, en Portugal, enItalie.—Travaux de Saint-Jean de Beverley, de Rodolphe Agricola,de Jérôme Cardan, de J. Pasck, de saint François de Sales, dePedro de Ponce, de Juan Pablo Bonet, de Ramirez de Cortone, dePedro de Castro, de John Bulwer, de J. Wallis, de William Holder,de Degby, de Gregory, de Georges Dalgarno, de Van Helmont, deConrad Amman, de Kerger, de Georges Raphel, de Lassius, d'Arnoldi,de Samuel Heinicke, d'Ernaud, de Jacob Rodrigues Pereire.—Succès brillants des deux derniers à l'Académie des sciences deParis.—Pension de Louis XV au second.—Il le nomme son interprètepour les langues espagnole et portugaise.—Sa tolérancereligieuse.—Secret absolu recommandé à ses élèves.—Il offrede vendre sa méthode au gouvernement.—Lettre de la sourde-muetteMlle Marois.—Legs du sourd-muet Coquebert de Montbret. | |
| Chapitre [IX] | [65] |
| Avènement de l'abbé de l'Épée.—Rivalité de l'abbé Deschamps.—Son cours élémentaire.—Il est combattu par le sourd-muet Desloges,ouvrier relieur et colleur de papier, élève d'un autre sourd-muet,domestique d'un acteur de la Comédie-Italienne.—L'abbéde l'Épée devient le confesseur de ses enfants d'adoption.—L'empereur Joseph II lui sert la messe.—Il amène dans sonétablissement sa sœur la reine Marie-Antoinette et lui adresse unprêtre allemand, en le priant de le mettre à même de popularisersa méthode dans ses États.—Lettre de ce prince à l'abbé del'Épée. | |
| Chapitre [X] | [70] |
| Lutte entre deux instituteurs allemands de sourds-muets.—L'abbé del'Épée intervient.—Il en appelle aux académies de Vienne,d'Upsal, de St-Pétersbourg, de Zurich et de Leipsick.—Abstentiongénérale, à l'exception de celle de Zurich, qui se prononceen sa faveur.—Nouvelle attaque de M. Nicolaï de Berlin.—Nouvelle victoire de l'abbé de l'Épée.—Condillac se prononce pourlui.—Extension trop grande donnée à la parole artificielle dusourd-muet.—Opinion de l'abbé de l'Épée sur ce sujet. | |
| Chapitre [XI] | [75] |
| Vertus et bienfaits de l'abbé de l'Épée.—Sa soutane usée.—Presqueoctogénaire, il se prive de feu pour ses enfants, durant un hiverrigoureux.—Projet d'un tableau de l'abbé de l'Épée par le sourd-muetLéopold Loustau.—Il refuse un évêché en France et uneabbaye en Allemagne.—Belles réponses à Joseph II et à Catherinede Russie.—Paroles mémorables.—Il ne demande qu'à instruiredes sourds-muets pauvres et à apprendre pour eux les langues detous les pays.—Son désintéressement, ses sacrifices.—Louis XVIredoute d'abord son jansénisme.—Plus tard, il accepte le patronagede son école, en autorise le transfert à l'ancien couvent desCélestins et lui assigne une rente annuelle sur sa cassette.—Lamort ne permet pas à l'abbé de l'Épée de voir ses élèves installésdans ce nouveau local.—Statistique des pensions de sourds-muetset de sourdes-muettes, existant à cette époque à Paris.—Sonécole à un second étage de la rue des Moulins.—Sa maison decampagne à loyer, rue des Martyrs.—Scènes attendrissantes. | |
| Chapitre [XII] | [85] |
| Episode du jeune comte de Solar.—Un sourd-muet, de douze àtreize ans, trouvé sur la grande route de Péronne, envoyé à Bicêtre,puis à l'Hôtel-Dieu de Paris.—Quelques souvenirsconfus.—Enlèvement et abandon.—Appartient-il à une familleriche?—Note envoyée à toutes les maréchaussées de France.—Étrange visite à l'Hôtel-Dieu—Le sourd-muet en est retiréet mis en pension avec d'autres frères d'infortune.—Une confusionde personnes.—Nom de Joseph substitué à celui deLouis Leduc.—Le prince de Montbarey et Mme de Hauteserre.—Découverte de la demeure de Mme la comtesse de Solar, à Toulouse.—Un trait de lumière. | |
| Chapitre [XIII] | [92] |
| L'abbé de l'Épée veille attentivement sur le dépôt que lui a confié laProvidence—Menaces dont il est l'objet.—L'autorité leprotège.—Diverses personnes reconnaissent le jeune Solar.—Voyage du célèbre instituteur, avec son protégé, à Clermont,en Beauvoisis, sa ville natale.—Nouvelles reconnaissances.—Joseph se rappelle une cicatrice de son père.—Il est reconnupar son grand-père, mais sa sœur hésite d'abord.—Une démarche auprès du duc de Penthièvre—Elle réussit.—Le prince accorde une pension de 800 livres au jeune Solar.—Le paiement en est bientôt suspendu.—Pourquoi.—Curieuselettre de l'abbé de l'Épée.—Le premier semestre de lapension est payé. | |
| Chapitre [XIV] | [101] |
| Cazeaux, accusé d'avoir, de concert avec la comtesse de Solar, suppriméla personne et l'état de l'enfant sourd-muet, est arrêtéà Toulouse et amené à Paris, les fers aux pieds et aux mains.—Ses moyens de défense.—Il demande à être transféré, avecle sourd-muet, partout où la justice croira que sa présence peutdevenir nécessaire pour éclaircir l'affaire.—Cette requête estjointe au fonds; on refuse son élargissement provisoire, ainsi quele transfert de l'enfant et de sa sœur sur les lieux.—Enfin, unesentence du Châtelet déclare Joseph fils du comte de Solar,reconnaît Cazeaux innocent et le renvoie absous.—Commentairedes juges. | |
| Chapitre [XV] | [108] |
| Lettre de l'abbé de l'Épée à Me Élie de Beaumont, défenseur deCazeaux.—Preuves, suivant le célèbre instituteur, de l'identitéde Joseph et du comte de Solar.—Particularités remarquables.—Détails peu édifiants sur la mère du sourd-muet.—Réponsede Me Tronçon-Ducoudray à l'abbé de l'Épée.—Extrait mortuaireconstatant, à son avis, le décès.—L'illustre avocatmodifie, plus tard, son opinion.—Ses aveux à M. Bouilly, auteurdu drame de L'abbé de L'ÉPÉE..—Confirmation de la sentencedu Châtelet par le parlement de Paris, qui ordonne, en outre,un supplément d'enquête et d'instruction. | |
| Chapitre [XVI] | [116] |
| Foi robuste de l'abbé de l'Épée.—Ses occupations et ses infirmitésne lui permettent pas d'accompagner le jeune Solar dans sescourses au midi de la France—Diverses personnes intéresséesdans l'affaire prennent la même direction.—Recherches longtempsinfructueuses.—Joseph ne se reconnaît nulle part, pasmême en présence de la tombe de son père.—On en exhumeune tête d'enfant, avec une surdent semblable à celle qu'on aarrachée à Joseph.—Aventures d'un sourd-muet de Charleroi.—Parti qu'en tire le défenseur de Cazeaux.—Contradictionspalpables, graves accusations formulées contre le pupille del'abbé de l'Épée et contre les divers témoins qui déposent en safaveur.—Nouvelle sentence confirmative du Châtelet. | |
| Chapitre [XVII] | [122] |
| Redoublement d'efforts des adversaires du pupille de l'abbé del'Épée.—Ils réussissent à faire suspendre l'exécution de la sentence.—Joseph perd ses protecteurs le duc de Penthièvre etl'abbé de l'Épée.—Les parlements sont détruits par la révolution.—Le nouveau tribunal de Paris casse le jugement rendu enfaveur du pauvre délaissé.—Sans appui, sans famille, sansressource, l'ex-comte de Solar s'enrôle dans l'armée républicaineet meurt, suivant les uns, sur un champ de bataille, selon d'autres,dans un hôpital.—Son interprète, le sourd-muet Didier,suit son exemple et s'engage dans l'artillerie. | |
| Chapitre [XVIII] | [132] |
| Coup d'œil rétrospectif sur l'épisode du comte de Solar.—Est-ce uneaventure réelle on un roman historique?—Bonne foi, convictionde l'abbé de l'Épée.—Ses efforts pour rendre l'innocence et l'honneurà Cazeaux.—Un dilemme pour en finir.—M. Fournier desOrmes voit dans cette aventure une mystification.—Suivant lui,le pupille du célèbre instituteur n'aurait pas été complètementsourd.—Cette opinion combattue par M. Valade-Gabel.—Lapièce de Bouilly.—Première représentation.—Grand succès.—Incident de la seconde.—L'abbé Sicard mis en liberté. | |
| Chapitre [XIX] | [143] |
| Le buste du célèbre instituteur des sourds-muets offert à M. Bouillypar les jeunes élèves de l'École nationale de Paris.—Félicitationsdu premier consul Bonaparte et du roi Louis XVIII à l'auteur dudrame de L'abbé de L'ÉPÉE..—Souvenirs intéressants de Mme Talma.Deux traits de présence d'esprit de cette admirable actrice à deuxreprésentations de la pièce.—Tribut d'éloges de Monvel à sonélève.—Conclusions de M. Villenave.—Heureux résultats pourles sourds-muets du succès du drame de L'abbé de L'ÉPÉE.. | |
| Chapitre [XX] | [151] |
| Efforts tentés auprès du gouvernement pour suspendre les représentationsdu drame de L'abbé de L'ÉPÉE..—L'auteur accusé par lapresse d'avoir voulu troubler le repos et compromettre l'honneurde certaines personnes.—M. Bouilly se disculpe.—Il offre dechanger le lieu de la scène et efface du titre la qualification de COMÉDIE HISTORIQUE.—Mort de l'abbé de l'Épée.—Touchant spectaclede ses derniers moments.—Tableau du sourd-muet Peyson.—Lecélèbre instituteur inhumé à Saint-Roch.—On se dispute sonimage.—Sa répugnance à laisser reproduire ses traits, de sonvivant.—Le sculpteur sourd-muet de Seine.—La Commune deParis demande à l'Assemblée nationale que l'État adopte les sourds-muetsprivés de leur père.—Ce vœu est réalisé.—Oraisonfunèbre de l'abbé de l'Épée, prononcée dans l'église Saint-Étienne-du-Mont.—Supplicedu panégyriste. | |
| Chapitre [XXI] | [159] |
| L'Assemblée nationale décrète que le nom de l'abbé de l'Épée sera inscritparmi ceux des citoyens qui ont bien mérité de l'humanité et dela patrie, et que son Institution sera subventionnée par l'État.—Fondation de 24 bourses gratuites, projet de translation à l'anciencouvent des Célestins.—La Convention fonde, dans chacune desécoles de Paris et de Bordeaux, 60 bourses, portées successivement,pour la première, à 80 et à 100.—La Convention avait eu, un instant,le projet de fonder, pour l'éducation de 4000 sourds-muets,une école normale et six grandes institutions, avec ateliers et travauxagricoles.—Transfert de l'établissement de Paris dans lelocal actuel, à l'ancien séminaire Saint-Magloire.—Les frais d'éducationdes sourds-muets rangés, en 1832, parmi les dépenses facultativesdes budgets départementaux.—M. de Gerando avait infructueusementproposé que ce fût parmi les dépenses obligatoires. | |
| Chapitre [XXII] | [166] |
| Mode d'administration successif des Institutions nationales de sourds-muetsde Paris et de Bordeaux.—Projets divers ayant pour but degénéraliser en France cet enseignement spécial.—Sollicitations infructueusesjusqu'à ce jour.—Pétition adressée en 1851, par la Sociétécentrale d'éducation et d'assistance pour les sourds-muets en Franceà l'Assemblée nationale législative.—Éloges de l'abbé de l'Épée parMM. Bébian, ancien censeur des études de l'Institution nationale deParis, et d'Aléa, ancien directeur du collège royal des sourds-muetsde Madrid.—L'auteur des TEMPLIERS, M. Raynouard, del'Académie française, voulait, à sa mort, fonder un prix pour lemeilleur poème à la gloire de l'abbé de l'Épée.—Nomenclaturecomplète des œuvres du célèbre instituteur. | |
| Chapitre [XXIII] | [172] |
| Violation des sépultures de l'église Saint-Roch en 93.—Le plomb des cercueilsfondu en balles sur les autels.—Mission que l'auteur s'étaitimposée de retrouver la tombe de l'abbé de l'Épée.—Lettre auxjournaux pour se plaindre de ce que son portrait ne figure pas auMusée historique de Versailles; de ce que sa statue ne se voit, nidans sa ville natale, ni à Paris; de ce que la tombe enfin de son successeur,l'abbé Sicard, languit sans honneur, dans un déplorableabandon.—Demande de renseignements au curé de Saint-Rochsur le lieu de la sépulture de l'abbé de l'Épée dans cette église.—Comment on découvre que ses restes reposent dans le caveau de lachapelle Saint-Nicolas—L'auteur y descend avec le sourd-muetForestier et le docteur Doumic.—Spectacle déchirant!—Souscriptionouverte dans les journaux pour élever un monument auxcendres du célèbre instituteur et faire apposer deux inscriptionsen français sur la maison où il est né et sur celle qui fut le berceaude son enseignement. | |
| Chapitre [XXIV] | [185] |
| Une commission se forme pour régulariser la souscription destinée àélever un monument à l'abbé de l'Épée.—M. Dupin aîné en acceptela présidence; M. Villemain consent à en faire partie.—Elle secompose, en outre, de MM. de Schonen, de Gérando, Chapuys-Montlaville,Cavé, l'abbé Olivier, Monglave, Nestor d'Andert, etde trois sourds-muets, Ferdinand Berthier, Forestier et Lenoir.—Regrets de M. de Chateaubriand et du premier président Séguier.—Première séance à l'hôtel de la présidence de la Chambre.—Remercîmentsdes trois membres sourds-muets.—Projet de M. VictorLenoir, architecte du gouvernement.—Voies et moyens: représentationsà bénéfice, souscription de la famille royale.—Où s'élèverale monument?—On repousse la cour de l'Institution; on préfèrela chapelle Saint-Nicolas, à Saint-Roch.—Organisation de lasouscription.—Recherches à faire au Palais de Justice, à l'Hôtelde Ville, aux Archives nationales, sur le lieu de l'inhumation.—MM. Montlaville, Monglave et Berthier, délégués pour aller constaterl'identité des restes découverts ou à découvrir. | |
| Chapitre [XXV] | [195] |
| Exhumation des restes mortels de l'abbé de l'Épée par MM. Garay deMonglave, Chapuys-Montlaville et Ferdinand Berthier.—Découvertede fragments de souliers, de rabat, de soutane, de bonnetcarré et d'étole, reconnus par une personne qui a eu des rapportsavec le grand instituteur.—La pipe de terre.—Oubli ou profanation.—Nomsdes premiers souscripteurs.—Appel éloquent à toutesles âmes généreuses.—Propositions de MM. Michaut (des Monnoies),Victor Lenoir, architecte, et Auguste Préault, statuaire.—Appel auxambassadeurs étrangers, aux cours de cassation et des comptes,aux cours d'appel, etc.—Réponse de l'ambassadeur de Bavière. | |
| Chapitre [XXVI] | [211] |
| Rapport de M. Nestor d'Andert sur les projets soumis à la commission.—Préférenceacquise à celui de M. Préault.—Les ministresinvités à compléter la somme nécessaire à l'érection du monument.—Celuide l'Intérieur, M. de Montalivet, souscrit pour3,000 fr.—Devis à forfait de M. Préault.—La commission l'accepte,à condition que l'artiste ne pourra exiger les sommes àrecevoir qu'à mesure des rentrées, et que le monument sera prêten février 1841.—Nouvelle circulaire, nouvelles démarches auprèsdes grands corps de l'État.—Appel à Louis-Philippe et àsa famille.—On en ignore le résultat.—L'ancien curé de Saint-Roch,devenu évêque d'Évreux, regrette de ne pouvoir prêcher lejour de l'inauguration du monument.—On s'adresse à l'abbéCœur, qui ne peut, à cause de ses nombreux travaux, accepter cettehonorable mission.—Fixation ultérieure du jour de la cérémonie. | |
| Chapitre [XXVII] | [221] |
| La Commission cesse de s'assembler.—M. Préault, presque abandonnéà lui-même et n'ayant plus que les conseils de MM. de Monglaveet Berthier, tient religieusement sa promesse.—Le monument estinauguré en août 1841, sans cérémonie et presque à huis clos.—Description et éloge de cette œuvre remarquable.—Mais pourquoiune inscription latine?—Sur 33,000 sourds-muets que renfermela France, il n'y en a pas 22 qui sachent le latin.—Hommagedes sourds-muets suédois.—Couronne de bronze due aussià M. Préault, ainsi que la statue de l'abbé de l'Épée qui orne lafaçade de l'hôtel de ville de Paris.—Cruels sacrifices pécuniairesde l'artiste pour le monument de Saint-Roch et pour celui qu'il aélevé au général Marceau sur une place de Chartres.—Un bustedu grand instituteur dû à un sculpteur sourd-muet, offert à l'écolede Paris.—Séance d'inauguration.—Souscription ouverte pourélever une statue à l'abbé de l'Épée sur une des places de Versailles,sa ville natale.—L'Institution de Paris s'associe à cetacte de reconnaissance. | |
| Chapitre [XXVIII] | [229] |
| Ces hommages, rendus, de toutes parts, à la mémoire de l'abbé de l'Épée,avaient été devancés, dès 1835, dans un banquet commémoratifde sa naissance, par une proposition que je fis aux sourds-muetset à leurs amis d'acquérir un buste en bronze du célèbreinstituteur.—Empressement unanime de tous les convives.—Le buste est commandé au sculpteur Parfait Merlieux, etinauguré sur la fin du banquet de l'année suivante.—Transportsd'allégresse de tous les assistants.—Mon allocution.—Bienfaitsde la Société centrale des sourds-muets.—Projet de courspublics et gratuits en faveur des ouvriers atteints de cette infirmité. | |
| Chapitre [XXIX] | [235] |
| Toast porté en langue mimique à la gloire des sourds-muets par leurami Eugène Garay de Monglave.—Revue des célébrités de cettenation exceptionnelle.—Professeurs, lauréats, jurisconsultes,prosateurs et poëtes, bacheliers, mathématiciens, chimistes, physiciens,inventeurs, peintres (histoire, sujets religieux, portraits,marines, pastel, daguerréotype et lithographie), statuaires, graveurs,mécaniciens, horlogers, imprimeurs, ouvriers en tout genre,marins et militaires.—Trait héroïque de dévouement et de couraged'un sourd-muet de douze ans.—Le gouvernement lui décerne unemédaille.—Ses condisciples se cotisent pour lui fournir le moyend'assister è notre banquet.—Mon toast à M. Bouilly, et la réponsede ce doyen de nos auteurs dramatiques. | |
| Chapitre [XXX] | [248] |
| Résumé des travaux de la commission créée pour l'inauguration d'unestatue de l'abbé de l'Épée sur une des places publiques de Versailles,sa ville natale.—Communication officieuse du maire du chef-lieude Seine-et-Oise.—Honorable initiative d'un citoyen, M. le docteurBataille.—Sa lettre à un journal du département.—Nobles sentiments.—Modèle de la statue de notre illustre instituteur parM. Michaut, le célèbre graveur des monnaies.—Offres désintéressées.—Premier noyau de la commission de Versailles. | |
| Chapitre [XXXI] | [256] |
| Membres présents à la première réunion.—Formation du bureau définitif.—Comment on pourra activer les souscriptions.—Voies etmoyens.—Plusieurs projets.—Divers modes de publicité.—Lemaire de la ville accepte les fonctions de membre de la commission.—La statue sera en bronze et de taille héroïque.—Diversemplacements proposés.—Deux seuls paraissent convenables.—Autorisation à demander au conseil municipal.—Comité de troismembres, chargé, sous le titre de jury de surveillance, de suivrel'exécution des travaux.—Publication de la liste des souscripteurstous les deux mois. | |
| Chapitre [XXXII] | [262] |
| Mort du président de la commission, M. le marquis de Sémonville.—M. le baron de Fresquienne élu à sa place.—Demande d'autorisationau Ministre de l'instruction publique pour élever la statuesur l'axe de la grille de clôture du jardin de l'École normale.—Réponse favorable.—M. Michaut s'engage à ce que les frais dela statue ne dépassent pas dix mille francs, et demande à encommencer le modèle en argile plastique.—M. l'architecte Petitinvité à dresser un devis estimatif des dépenses du piédestal etdes grilles.—Autorisation du conseil municipal, émettant toutefoisle vœu qu'on choisisse un emplacement plus convenable.—Projet d'une médaille en bronze, destinée à chaque souscripteur. | |
| Chapitre [XXXIII] | [270] |
| M. Aubernon, préfet de Seine-et-Oise, avant de donner son approbationcomplète au projet de monument qu'on prépare à l'abbé del'Épée, désire être mieux édifié sur diverses circonstances qui s'yrattachent.—Réponses de la commission aux différentes questionsqui lui ont été soumises par M. le préfet.—Première pensée d'uneentrevue de quelques membres du conseil municipal de Versaillesavec quelques membres de la commission du monument, ayantpour but d'essayer de lever en commun ces obstacles.—Délibérationfavorable du conseil municipal en réponse aux objectionssoulevées par M. le préfet.—Rédaction d'un prospectus à répandrepour activer les souscriptions. | |
| Chapitre [XXXIV] | [276] |
| Lettre d'envoi du prospectus.—Premières listes de souscriptions.—Empressement des évêques et du clergé.—Offrande de 300 francsde la part du roi Louis-Philippe.—Les membres de la commissioninvités à donner chacun son avis sur le modèle de la statue.—Le statuaire Michaut promet d'en profiter.—Souscriptions dessourds-muets, recueillies par le docteur Doumic.—Projet d'expositiondu modèle de la statue dans la cour de l'Institution dessourds-muets de Paris.—Le préfet de Seine-et-Oise accepte lesfonctions de président d'honneur de la commission.—MM. Molé,Lepelletier-d'Aunay, Bertin de Vaux et le duc de Luynes désignéspour en être membres d'honneur.—Le Ministre de la guerreregrette de ne pouvoir accorder le bronze qu'on lui demandepour la confection de la statue. | |
| Chapitre [XXXV] | [284] |
| Exposition du modèle de la statue dans la cour de l'Institution dessourds-muets de Paris.—Description. Éloge.—Visite du préfet deSeine-et-Oise, du maire de Versailles, d'un de ses adjoints, de déléguésdu conseil municipal, de membres de la commission dessouscripteurs.—Mes impressions en présence de la statue.—Engagement du fondeur.—Adoption de la statue par le conseilmunicipal, qui décide qu'elle sera placée à la croix des ruesRoyale et d'Anjou.—M. Michaut se soumet aux corrections indiquées.—L'architecte de la ville mis à la disposition de l'œuvre.—Nouveaux moyens à employer pour activer les souscriptions. | |
| Chapitre [XXXVI] | [298] |
| Hommage, par la commission des souscripteurs, au conseil municipalde la statue de l'abbé de l'Épée.—Examen du bronze destiné àcette œuvre.—Déficit de 2,700 fr. sur la somme nécessaire àl'achèvement des travaux.—Le conseil municipal en vote 2,000.—Projetd'une plaque commémorative.—Inscription de la faceprincipale du monument.—Travaux du fondeur surveillés par lestatuaire.—Érection fixée au 3 septembre 1843.—Dernières dispositions.—Programme de la fête.—Décision du conseil municipal.—Jesuis invité à adresser une allocution mimique auxsourds-muets qui assisteront à la cérémonie. | |
| Chapitre [XXXVII] | [310] |
| Inauguration de la statue de l'abbé de l'Épée à Versailles, sa villenatale.—Autorités, garde nationale, les sourds-muets de Pariset d'Orléans.—Désintéressement du chemin de fer.—Absenceregrettable du clergé.—Nombreuse affluence de spectateurs.—Discours du préfet, au nom de la commission des souscripteurs.Réponse du maire.—Notice sur la vie et les travaux de l'abbéde l'Épée, par M. de Sainte-James, secrétaire de la commissiondu monument.—Mon allocution mimique.—Salves d'artillerie.—Absence du vénérable Paulmier.—Discours qu'il devait prononcer. | |
| Chapitre [XXXVIII] | [322] |
| Pièces de vers auxquelles donne naissance l'inauguration de la statuede l'abbé de l'Épée, à Versailles. Improvisation poétique dusourd-muet Pélissier, avec épigraphe du sourd-muet Lenoir.—Le conseil municipal autorise le maire à accepter le monument,et adresse des remercîments aux commissaires, aux souscripteurset au statuaire.—La commission sollicite en vain de M. le Ministrede l'intérieur, par l'intermédiaire de M. le préfet, une dernière subventionpour solder ses comptes.—Relevé définitif des recettes etdépenses.—Tribut de regret de la commission à quatre de sesmembres décédés.—Ses remercîments à M. le préfet Aubernon.—Elle décerne une médaille au statuaire Michaut.—Désir dessouscripteurs sourds-muets de voir leurs noms imprimés dans lesjournaux, afin de constater leur reconnaissance pour l'abbé del'Épée. La commission ne peut que faire lithographier des listesgénérales.—Conclusion: sept vœux émis; trois encore à exaucer,une statue dans l'Institution, berceau de l'art d'élever les sourds-muets;deux inscriptions, l'une, sur la maison modeste où il naquit,à Versailles, l'autre, sur la maison modeste où il commençaà enseigner, à Paris. | |
| [Notes] | [335] |
[1] Résumé des travaux de l'ex-Société centrale des sourds-muets de 1838 à 1843, par MM. Lenoir et Allibert, professeurs sourds-muets.—Rapports sur l'état des recettes et dépenses de cette Société dans le même intervalle de temps, par MM. Dubois et Imbert, le premier sourd seulement, le second sourd-muet.
[2] Toutefois, il y a apparence que ces infortunés étaient mieux traités chez les Romains, pourvu toutefois qu'ils montrassent de l'aptitude à une spécialité quelconque, puisque nous voyons Pline citer l'un d'eux, nommé Pedius, comme s'exerçant dans les beaux-arts.