En juillet 1851, une pétition[71] à l'Assemblée nationale a été proposée et adoptée unanimement au sein de la Société centrale d'éducation et d'assistance pour les Sourds-Muets en France, présidée par M. Dufaure, ancien ministre. Elle tend à l'extension de l'enseignement de ces infortunés et des jeunes aveugles, et à une augmentation de fonds nécessaires pour atteindre ce but.
Mais la dissolution de cette Assemblée, ayant été amenée par l'événement du 2 décembre de la même année, a nécessité la rédaction d'un nouveau mémoire[72] au Prince Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République.
La Société royale académique des sciences de Paris proposa, en 1817, au concours, l'éloge de l'abbé de l'Épée. Le prix fut décerné, en 1819, à M. Bébian, ancien censeur des études de l'Institution des sourds-muets de Paris, et l'accessit à M. Bazot, membre de l'Athénée des arts, etc. Nous avons de M. d'Aléa, ancien directeur du collége royal des sourds-muets de Madrid, l'Éloge de l'abbé de l'Épée, ou Essai sur les avantages du système des signes méthodiques, appliqué à l'instruction générale élémentaire, traduit de l'espagnol sous les yeux de l'auteur. M. d'Aléa était déjà connu dans sa patrie par une traduction espagnole de Paul et Virginie. On assure qu'il a travaillé à un Dictionnaire de signes d'action analogiques.
On nous a rapporté que, quelque temps avant sa mort, le célèbre auteur des Templiers, M. Raynouard, avait manifesté l'intention de proposer pour sujet d'un prix de poésie l'éloge de notre père spirituel. Nous aurions voulu qu'il eût été donné suite à cette proposition, qui aurait certainement honoré la mémoire du savant académicien dont nous déplorons la perte.
Voici la nomenclature complète des ouvrages de l'abbé de l'Épée:
1º Relation de la maladie et de la guérison miraculeuse opérée sur Marie-Anne Pigalle, 1757, in-12;
2º Institution des sourds et muets, ou Recueil des exercices soutenus par les sourds et muets, pendant les années 1771, 1772, 1773 et 1774, avec les lettres qui ont accompagné les programmes de chacun de ces exercices, Paris, 1774, in-12 de 112 pages (dans sa quatrième lettre, il développe les moyens dont il s'est servi pour conduire ses élèves à la connaissance de la divinité et des dogmes religieux; il y annonce que ce quatrième exercice public sera le dernier);
3º Institution des sourds et muets par la voie des signes méthodiques, Paris, 1776, in-12; nouvelle édition corrigée sous ce titre: La véritable manière d'instruire les sourds et muets, confirmée par une longue expérience, Paris, 1784, in-12; cet ouvrage a été traduit en allemand;
4º Dictionnaire général des signes employés dans la langue des sourds-muets, auquel la mort l'empêcha de mettre la dernière main.