Un élève nommé Gire offre au Saint-Père une tabatière façonnée au tour par un autre élève, et sur laquelle sont tracées en mosaïque les armes du Saint-Siége. Le Souverain Pontife daigne l'accepter et donne sa bénédiction à ce jeune et intéressant artiste qui la reçoit à genoux aux pieds du Pape.

Cette scène est aussitôt décrite, à la fois, par deux sourds-muets et deux sourdes-muettes, dans un style différent.

Une autre sourde-muette, Mlle de Saint-Céran, lit très-distinctement ce que ses compagnes viennent d'écrire; elle écrit ensuite elle-même en langue italienne un compliment adressé au Souverain Pontife.

Une autre élève moins âgée et non moins intéressante, Mlle Robert[12] écrit, de son côté, un autre compliment en italien; l'une et l'autre figurent ensuite par des signes les mots qu'elles ont tracés.

Le compliment italien de Mlle Robert nous paraît mériter par son aimable naïveté d'être reproduit dans ce récit:

Beatissimo Padre,
Sono fanciulla e mutola.
Elle ama i fanciulli, sarò amata da lei.
Sono infelice, avrà pietà di me.
Sicard è il mio secondo padre.
Christiana e cattolica sono pure la figlià di Vostra
Santità.

En voici la traduction française:

Très Saint-Père,
Je suis enfant et muette.
Votre Sainteté aime les enfants, j'en serai aimée.
Je suis malheureuse, Elle aura pitié de moi.
Sicard est mon second père.
Chrétienne et catholique, je suis aussi la fille de Votre Sainteté.

Après avoir vu parler un sourd-muet, le Pape est dans l'attente de la révélation des moyens qui l'ont conduit à ce succès merveilleux. Les désirs de Sa Sainteté sont satisfaits par M. Sicard, qui s'empresse de développer le mécanisme de la parole et les moyens qu'il a imaginés pour en obtenir d'heureux résultats.