«Jean Massieu a raconté lui-même sa vie dans un écrit de quelques pages. Cet opuscule remarquable par la naïveté de la pensée et par l'étrange originalité du style sera peut-être publié un jour.

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«C'est à nous, Messieurs, qu'il a été donné d'accueillir, au déclin de sa vie, cet homme dont le nom est si populaire, dont la gloire est si douce. Attiré à Lille par l'amitié enthousiaste d'un de nos honorables concitoyens, qui l'a précédé dans la tombe, il a trouvé, d'une part, des compagnons d'infortune à soulager, c'est-à-dire à instruire, et d'une autre, des sympathies généreuses, un concours universel; prêtres, magistrats et citoyens lui ont tendu une main amie. Quelques-uns ont pris la chose à cœur, et l'école des sourds-muets s'est trouvée tout à coup constituée et florissante sous la direction de Massieu.

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«Le même ami qui, des montagnes de l'Aveyron, l'avait fait venir à Lille, lui assigna un autre rendez-vous encore: M. Vanackère a voulu que Massieu vînt se coucher à côté de lui dans ce lit de la sépulture. Vœu touchant, tu es accompli! Tombes des deux amis, soyez sacrées et respectées à jamais sous la sauvegarde de la religion et de la foi publique. Messieurs, notre célèbre sourd-muet laisse après lui une famille qui n'a pour héritage que le nom et le souvenir des vertus de Massieu; mais la ville hospitalière, qui a ouvert au père ses bras affectueux, ne fermera aux enfants ni ses bras, ni son cœur.»

CHAPITRE XVII ET DERNIER.
LAURENT CLERC.

Ses succès à l'École de l'abbé Sicard.—Ses rapports avec un académicien auprès duquel il avait à remplir une commission du respectable directeur.—Ses définitions et réponses aux exercices publics de l'Institution et autre part.—Il a été non-seulement l'interprète des élèves, mais encore le secrétaire de ses malheureux camarades.—Il appuie la supplique de l'un d'eux, graveur hongrois, auprès de l'ambassadeur d'Autriche. Appelé à fonder une nouvelle école à Hartfort, État de Connecticut (Amérique du Nord), il réussit à la faire prospérer.—Il unit son sort à celui d'une sourde-muette américaine qui lui donne six enfants, tous entendants-parlants.—Réponse au préjugé qui paraît encore régner sur la surdi-mutité héréditaire.—Voyages de Laurent Clerc en France.—Ses documents sur l'origine et les progrès de son école.—Ses anciens camarades et élèves lui offrent un dîner d'adieu.—Sa correspondance avec l'auteur de ce livre.—Sa fin aussi heureuse que sa vie, dans le Nouveau-Monde.