Se conformer aux prescriptions des moeurs.
C'est-à-dire qu'on est moral lorsqu'on vit et agit de telle façon que la majorité approuve.
Est-ce que cette morale-là est bonne?
Peut-on la défendre par la raison?
Voilà la question.
Il y a une tyrannie de la morale et comme nous sommes adversaires de toute tyrannie, nous devons également examiner celle-ci et la combattre.
Multatuli, dans ses Idées, fait, à ce sujet, quelques justes remarques. Il a parfaitement raison lorsqu'il prétend que le degré de liberté dépend bien plus de la morale que des lois. Que de peine l'on éprouve à faire exécuter une loi qui est en contradiction avec la morale?
«Aucun législateur, fût-il le chef d'une armée dix fois plus nombreuse que les habitants mêmes d'un pays, n'oserait imposer ce que la morale prescrit aujourd'hui. Et, d'un autre côté, nous nous conformons à une morale que nous n'accepterions pas si elle était prescrite par un législateur, quelque puissant qu'il fût.»
Examinez notre manière de vivre et bientôt vous serez convaincu de la vérité de ces paroles:
«Un malfaiteur est puni de quelques années de prison; … La morale y ajoute: le mépris durant toute la vie.