«On doit en finir enfin avec cette continuelle Norglerei[4] et ces brandons de discorde qui font croire au dehors que le parti est divisé; je ferai en sorte dans le cours de nos réunions que toute équivoque disparaisse entre le parti et l'opposition et que, si l'opposition ne se rallie pas à l'attitude et à la tactique du parti, elle ait l'occasion de fonder un parti séparé.»
N'est-ce pas comme l'empereur Guillaume, parlant des Norgler et disant: Si cela ne leur plaît pas, ils n'ont qu'à quitter l'Allemagne?—Moi, Guillaume, je ne souffre pas de Norglerei, dit l'empereur.—Moi, Bebel, je ne souffre pas de Norglerei dans le parti, dit le dictateur socialiste.
Touchante analogie!
On voulait appliquer internationalement cette méthode nationale; de là cette proposition. Ceci accepté et Marx vivant encore, il aurait dû également «être mis à la porte» si l'on avait osé s'en prendre à lui. La chasse aux hérétiques aurait commencé, et dorénavant la condition d'acceptation eût été l'affirmation d'une profession de foi, dans laquelle chacun aurait dû déclarer solennellement sa croyance à l'unique puissance béatifique: celle du pouvoir politique.
Opposée à ces propositions, se trouva celle du Parti social-démocrate hollandais, d'après laquelle «la lutte de classes ne peut être abolie par l'action parlementaire».
Que cette thèse n'était pas dépourvue d'intérêt, cela a été prouvé par Owen, un des collaborateurs du journal socialiste anglais Justice, lorsqu'il écrivit dans ce journal que les principes affirmés par les Hollandais sont incontestablement les plus importants «parce qu'ils indiquent une direction que, j'en suis convaincu, le mouvement socialiste du monde entier sera forcé de suivre à bref délai.»
On connaît le sort qui fut réservé à ces motions. Celle de la Hollande fut rejetée, mais ne restera pas sans influence, car les Allemands ont abandonné les points saillants de leur projet; finalement, un compromis fut conclu d'une manière toute parlementaire, auquel collaborèrent toutes les nationalités. Nous sommes fiers que seule la Hollande n'ait pris aucune part à ce tripatouillage, préférant chercher sa force dans l'isolement et ne rien dire dans cette avalanche de phrases.
Cependant, il est tout à fait incompréhensible que l'Allemagne ait pu se rallier à une résolution dont le premier considérant est complètement l'inverse de la proposition allemande. On en jugera en comparant les deux textes:
Proposition allemande. Proposition votée.
La lutte contre la domination Considérant que l'action de classes et l'exploitation politique n'est qu'un moyen doit être POLITIQUE et avoir pour arriver à pour but la CONQUÊTE DE LA l'affranchissement économique PUISSANCE POLITIQUE. du prolétariat,