Naturellement, mais personne ne veut la révolution pour la révolution elle-même, chacun sait que la révolution n'est qu'un moyen et non pas le but.

Mais le point de vue de Marx en ce temps-là fut bien autre que celui de nos social-démocrates parlementaires et réformateurs d'aujourd'hui.

[52] Comme cette raillerie concorde peu avec son idée de faire de la «conquête du pouvoir politique» le but principal du parti. Car comment réaliser cet idéal sans l'inéluctable litanie?

[53] Voir le Protokoll der Verhandlungen des Parteitages der Sozial-demokratischen Partei Deutschlands zu Berlin, pp. 175-176.

[54] Dans la Revue Socialiste de mars 1895, M. Jaurès écrit: «En fait, le collectivisme que nous voulons réaliser dans l'ordre économique existe déjà dans l'ordre politique.» Donc, ce que veulent ces messieurs, c'est la centralisation politique autant qu'économique.

[55] La Conquête du pain, p. 74.

[56] Sozial-demokratische Bibliothek, I. Gesellschaftliches und Privateigenthum, von E. BERNSTEIN, pp. 27-29.

[57] Les radicaux bourgeois voient avec satisfaction les socialistes devenir de plus en plus malléables. Aussi M. Georges Lorand, un radical perspicace, écrivit-il, après ce congrès, que les social démocrates allemands agissaient sagement et que, à peu de chose près, les radicaux pourraient très bien adhérer à leur programme. Cela ne prouve-t-il pas abondamment qu'il y a «quelque chose de pourri» dans la social-démocratie?

Un autre radical, M. Émile Féron, écrit dans la Réforme du 30 mars 1895: «Il y a vingt-neuf députés socialistes qui ont, sur presque toutes les réformes pratiques et immédiatement réalisables, le même programme que les progressistes. L'accord n'existe pas sur le collectivisme, c'est entendu. Encore faut-il dire que plus on avance et plus ce qu'il y avait d'excessif et d'absolu dans le collectivisme du parti ouvrier se corrige et s'assouplit aux nécessités de la pratique des choses. Mais sans qu'il soit même nécessaire d'insister sur ce point, il reste acquis que députés socialistes et députés progressistes seront d'accord sur la plupart des réformes immédiatement nécessaires.» Ce n'est pas encore l'annexion du parti socialiste, mais peu s'en faut. L'évolution du socialisme promet!

[58] De cela je puis parler en connaissance de cause. Dans le Vorwaerts on se refuse à toute discussion principielle avec ses adversaires, on falsifie les textes et on calomnie de la plus impudente façon.