—Simonnet est grand et tu es petit; Simonnet est fort et tu es faible; Simonnet m’aime, et toi... tu ne sais pas ce que c’est.

—Tant mieux, ma foi, si t’aimer devait me faire mettre en colère contre mes parents! répliquai-je d’un accent naïf et convaincu.

—Simonnet s’est donc mis en colère contre son père?

—Ah! je t’en réponds. Il lui a corné aux oreilles qu’à tout prix il voulait être ton homme, qu’il ne lui demanderait pas miette de son bien pour se marier, qu’il travaillerait pour nourrir ses enfants...

—Ses enfants?

—Les enfants qu’on a quand on est marié, parbleu!

Liette, qui me retenait toujours aux épaules, me ramena à elle et m’embrassa de nouveau.

—Ah ça! lui dis-je, fâché et me dégageant, tu me prends donc encore pour Simonnet?

—Que veux-tu? ce baiser m’est venu aux lèvres: il me fallait bien le donner à quelqu’un... J’eusse mieux aimé le garder pour Simonnet, mais je n’oserai jamais avec lui ce que j’ose avec toi...