—A l’heure où j’en suis arrivé, je n’ai besoin de personne ni de rien, sauf de l’assistance du bon Dieu.
Nous nous esquivâmes.
Comme s’il avait pressenti l’heure du départ, Baptiste était revenu de la prairie où nous l’avons vu courir et nous attendait à une portée de fusil de la ferme, vers l’extrémité de la basse-cour.
Nous allâmes à lui.
Les ouailles, encore une fois épouvantées, firent rage de leurs ailes et de leurs voix.
Au moment où tout un escadron de pintades passait devant nous effaré, le Frère serra son bourdon, et, avec une agilité, une prestesse incroyables, le lança sur les bestioles, qui piaillèrent effroyablement.
Horreur! deux pintades étaient demeurées sur le carreau.
Tandis que, tremblant de tous mes membres, je contemplais les malheureux volatiles se débattant contre la mort, Barnabé, paisible comme je l’avais vu dans son verger de Saint-Michel, le jour de l’assassinat des linottes et des chardonnerets, retirait sa besace enfouie avec mon paquet dans les paniers de Baptiste, et en déliait les cordons.
—Eh quoi! lui dis-je, vous oserez emporter ces pintades que vous venez de tuer?
—Est-ce que M. Etienne Baticol n’a pas pris mes paroles sur l’Évangile sans me payer?