Je vis enfin Gathon Molinier, à peine aperçue jusqu’ici. C’était une femme petite, maigre, pâle, âgée de quarante ans environ. Elle avait sans doute pleuré, car ses yeux bruns, assez grands, paraissaient tout maculés et tout rouges.
—Jésus-Seigneur! quel est cet enfant, Frère? s’écria-t-elle, s’avançant pour me regarder.
—C’est un enfant de Rome, ma chère Gathon... Je l’ai ramené des Vaticans, lors de mon dernier voyage par là-bas... Le saint-père l’aime beaucoup, et il me l’a confié pour l’instruire dans la règle de saint François. Ah! c’est qu’à Rome, où tout le monde va en soutane comme au paradis, on me prend pour quelque chose, moi!
—Il est beau semblablement à un ange!
Et, me prenant la main droite, la bonne et naïve créature y déposa le plus respectueux des baisers. Mes jambes mouraient sous moi.
Au même instant, Barnabé, que mes regards attentifs ne quittaient guère, toucha sa grande croix de laiton. Je me souvins du commandement, et, la peur me dilatant le gosier:
—Il Bambino! m’écriai-je, il Bambino!
Gathon recula effrayée.
—Que dit-il? demanda-t-elle.