—Pauvre mignon! articula une voix attendrie.
Et la main, qui avait tenté de me saisir, me caressa.
En un trou de la muraille, un lampion brûlait dans un verre huileux. Un à un les objets, indistincts à mon entrée dans la prison, émergeaient peu à peu de l’obscurité: une cruche, de la paille, une escabelle de bois...
J’ouvris plus grands mes yeux obscurcis par les larmes, et, devant moi, la mine inquiète, apitoyée, se dressa Venceslas Labinowski. Il m’embrassa. Dans mon affreuse détresse, je me laissai faire, je m’en souviens, avec une sorte de plaisir.
—Comment, misérable, s’écria l’ancien Frère de Cavimont, s’adressant à l’ermite de Saint-Michel toujours silencieux, immobile, pétrifié, comment, vous avez osé mêler le neveu de M. le curé des Aires à vos aventures! Vous ne savez donc pas que cette peur est capable de le tuer! Pour une femme, j’ai volé les vases sacrés de mon ermitage et les ai vendus à des juifs; mais jamais il ne me fût venu l’idée d’assassiner un enfant, et vous assassinez celui-ci, bête brute que vous êtes!...
Venceslas ne put se tenir de m’embrasser de nouveau.
—Ne pleure pas, mon cher mignon: tu ne passeras pas de longues heures en prison, va. Demain matin, le brigadier de gendarmerie viendra, il est l’ami de M. le curé de Saint-Gervais, il connaît même ton oncle, je crois, et, sois tranquille, tu sortiras d’ici et retourneras aux Aires...
Il arrêta sur Barnabé des regards chargés d’une colère terrible.