Les Catalans avaient disparu, gagnant le Planol par la rue du Vignal.

—Eh bien? demandai-je à l’ermite, en proie à toutes les angoisses et à toutes les sueurs.

—Chut! me fit-il portant un doigt à ses lèvres.

Puis à voix basse:

—Descends doucement l’escalier, pareillement à un chat qui va faire un mauvais coup. Une fois dans la rue, tu t’en iras en avant, n’ayant l’air de rien, surtout tu ne courras pas. Il ne faut point laisser croire que nous nous échappons. Moi, je te suivrai, mais à distance... Je m’arrêterai même à deux ou trois portes, tout comme si je pratiquais mes quêtes, à l’habitude. Tu m’attendras à l’entrée de la rue du Vignal. S’il le fallait, il y a là de grands platanes, tu pourrais te cacher derrière les troncs qui sont énormes... Je te rejoindrai...

—Et alors? interrompis-je le cœur palpitant d’espoir.

—Alors, fillot, nous irons voir si la hyène des Afriques a les dents et les griffes aussi bien établies que les chiens du pays cévenol.

—Vous me mènerez à la comédie, Barnabé?

—Je t’y mènerai, mon garçonnet, tout droit comme mon bourdon.