Il s'enfonçait son chapeau tout de travers, d'un geste exaspéré, et gagnait la porte. M. Brodin, les bras écartés, lui barra la route:

—Pierre... Ne commettez pas de folies, je vous en supplie... Où allez-vous?

—Alors, cela va recommencer? cria Lahonce... Vous recommencez la scène d'autrefois, la scène de la rue de Lisbonne?... Non, non! Je vais où cela me plaît... Laissez-moi passer, je vous prie!...

—Pierre! implora M. Brodin... Vous êtes injuste!... J'ai toujours été pour vous... Je n'ai jamais cessé de vous soutenir... Maintenant même, je suis indigné de la conduite de Charlie... Je vous promets qu'il en changera... Patientez!... Ne cédez pas à la colère... Réfléchissez, mon ami!...

—C'est tout réfléchi! repartit brutalement Lahonce... Oui ou non, me laisserez-vous passer?...

M. Brodin rétrograda un peu et tandis que Lahonce sortait:

—A votre guise!... Vous êtes maître de vos actes... Pourtant, reconnaissez...

—Je ne reconnais rien! glapit, du couloir, Lahonce.

On entendait ses pas descendre lourdement à tâtons l'escalier noir, descendre, descendre encore.

—Charlie! ordonna d'une voix étouffée M. Brodin... Charlie, rattrape vite ton père... jette-toi à ses genoux!... Ramène-le à tout prix!... J'ai peur d'un malheur...