«Bigre! ce n'est pas gai, gai, les environs!» songeait-il en refermant la croisée.

Puis il procéda lentement à sa toilette, et, quand il fut habillé, il sonna la maid, demanda du thé et pria qu'on fît sans tarder sa chambre.

La maid revint accompagnée du maître d'hôtel. Le gentleman probablement s'était trompé, mal exprimé, ne voulait assurément pas qu'on fît la chambre en sa présence?

Favierres réitéra ses instructions d'un ton impératif. Le maître d'hôtel salua, communiqua les ordres à la servante et sortit en échangeant avec elle des coups d'œil narquois, intrigués.

«Vous en verrez bien d'autres!» murmura Favierres entre ses dents.

Et il s'installa devant le thé servi, pendant que Mary, la petite maid anémique et plate, l'examinait de côté en balayant, le considérait furtivement de ses grands yeux cernés et luisants de fatigue, de ses yeux prompts et dociles, qui savaient deviner à l'éclair d'un regard les plus bizarres fantaisies des clients, mais que déroutaient complètement, cette fois, les étranges caprices sédentaires de cet étrange Frenchman-là!

A dix heures, les meubles étaient en ordre, la chambre prête, et sur la table à écrire, dressée contre la fenêtre, Favierres avait disposé des livres, des brochures, du tabac et les menus objets de son sac de voyage.

Il commença à attendre.

La première heure s'écoula pour lui assez rapidement à parcourir des journaux apportés de Paris, des revues, à marcher de long en large ou à attendre, assis.

Mais à onze heures un quart, lorsqu'il aperçut l'aiguille de sa montre, placée sur la table, dépasser le quart et se traîner imperceptiblement vers la demie, il ressentit un petit serrement de cœur, il entrevit la possibilité, la presque certitude que Mme Lahonce ne viendrait pas avant le déjeuner. Et, jusqu'à midi, il s'appliqua à accepter cette première déception, à se l'expliquer par cent empêchements normaux et vraisemblables, à la subir bravement, à en prendre, sans faiblesse, son parti.