—Oui, oui, c'est vrai, c'est impossible. Et puis je vous ai revue... Je vous reverrai... Nous n'avons pas trop à nous plaindre!
Il les accompagna à la grille; et longtemps il demeura sur le seuil à leur faire des signaux d'adieu, à les regarder s'éloigner jusqu'à ce qu'ils eussent disparu au coin du boulevard Bineau.
Le jeudi suivant, Mme Lahonce revint, selon sa promesse, et passa une heure dans la petite villa de la rue de Chézy, à causer avec Favierres, mais impatiemment, d'une façon gênée, sans nulle caresse, car il pleuvait,—une pluie froide comme de la neige qui les obligeait à garder Charlie, dans le salon, auprès d'eux.
En sortant devant la porte, Hélène se heurta à Mme Favierres. La petite femme remontait de Paris où Favierres l'avait cauteleusement chargée d'une multitude de commissions superflues, destinées à l'écarter de chez lui durant la visite espérée. A la vue d'Hélène, elle se confondit en protestations de regret, en compliments au sujet de Charlie, en politesses bourgeoises. Mais elle avait compris; et le jeudi d'après, aux premiers mots de Favierres pour la dépêcher à Paris, elle déclara que cela se trouvait fort bien, qu'elle avait justement des courses à faire de ce côté, et elle décampa avant midi, comme par appréhension de se rencontrer encore avec Mme Lahonce.
Ce jour-là, en entrant, Hélène, tout de suite envoya Charlie jouer au jardin; puis, quand l'enfant fut dehors, elle prit les deux mains de Favierres dans ses mains, et la figure toute rehaussée de sourire, les yeux scintillants d'une malice gentille, elle annonça:
—Mauvaise nouvelle, mon grand ami!... je ne peux rester qu'un quart d'heure, parce que Charlie doit être au manège à trois heures et demie... Mais bonne nouvelle aussi!... Je te reverrai samedi, à deux heures et demie... Devine où?
Favierres répliqua timidement osant à peine proférer ces ambitieuses paroles d'espoir:
—Oui chez nous! s'exclama victorieusement Mme Lahonce... Chez nous, mon grand Fav! J'ai bien réfléchi cette semaine... je crois que nous pouvons...